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Accident à Nantes (1)
Datte: 13/03/2023, Catégories: Divers, Auteur: Matt Demon, Source: Xstory
... présume que c’est plus le travail des aides soignantes, mais je ne vais pas ressortir les conventions collectives du CHU. — Dites, je suis à quel hôpital, au fait, Carquefou ? — Eh non, vous êtes au CHU du centre, rue Ricordeau. Au service orthopédie traumato. Non pas que je songe à aller me promener en ville, je subodore que ça ne va pas arriver avant longtemps. Je mange (enfin, on me fait manger), mais je n’ai pas d’appétit. Je dors, longtemps. Sans rêve. Des collègues passent me voir le matin suivant Ils finissent de remplir le dossier d’accident de travail, pour la prise en charge des soins. Puis l’infirmière les chasse pour s’occuper de moi. — Pour une fois que j’ai le temps, constate-t-elle, je vais pouvoir vous laver correctement. Depuis votre arrivée, c’était difficile. Vous m’aiderez un peu pour vous mettre de côté gauche, que je m’occupe de votre dos. Je n’y arriverai jamais toute seule, surtout qu’avec vos côtes cassées il faut vous manipuler doucement. — Dites tout de suite que je suis gros, protesté-je en souriant. — Pas vraiment, mais avec votre taille… On a pas idée d’être aussi grand, le lit est trop petit ! Vous mesurez combien ? — À peine deux mètres. Et quelques centimètres, un ou deux de plus. — C’est bien ce que je dis, vous devez peser cent kilos bien tassés. — C’est pas faux. — Kamelott, livre 1. — Perceval, mon préféré… Je souris bêtement. Nous sommes tous deux fans de la série Kamelott ! C’est bien de partager ...
... sur un tel sujet avec quelqu’un, surtout dans ce contexte. L’infirmière retire drap et couverture et examine ma jambe droite, la plus touchée. — Vous avez mal ? Je peux augmenter le dosage d’analgésique. — Pour le moment, c’est bon. J’ai un moment de gêne quand elle enlève le semblant de chasuble en coton blanc qui couve mon corps jusqu’aux cuisses. Je n’ai pas l’habitude de me retrouver à poil devant une jolie fille dans ces conditions. Je lorgne sur le badge collé sur sa poitrine pour déchiffrer son prénom, elle s’en rend compte et rit, toute en dents blanches et fossettes. — Pour ma poitrine, vous ne verrez pas grand-chose ; mon prénom, c’est Loane. — Merci. C’est un joli prénom. Pour votre poitrine, je vous demande pardon, je ne voulais pas… — Pas de souci. Dites donc, je vous fais de l’effet ! Votre petite amie a bien de la chance. Je sais que c’est physiologique, mais je suis affreusement gêné de me mettre à bander devant la jeune infirmière qui recule un peu. — Je n’ai pas de petite amie. Ni personne d’ailleurs, bougonné-je. — Elles ne savent pas ce qu’elles ratent, dans ce cas ! Bon, c’est aussi proportionné à votre taille, je présume. Voire un peu plus. Bon sang, elle va arrêter de grossir ? Je vous fais tant d’effet ? — Je suis désolé, c’est… Je n’y peux rien. On a pas idée d’être aussi belle, ajouté-je en reprenant ce qu’elle avait dit sur ma taille. — C’est gentil. Vraiment. — C’est la vérité. Votre petit-ami vous le dit souvent, ...