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Accident à Nantes (1)
Datte: 13/03/2023, Catégories: Divers, Auteur: Matt Demon, Source: Xstory
13 avril 2018 Noir. J’ouvre les yeux. Blanc. Plafond blanc. Une potence en métal à droite. J’ai déjà vu ce genre de trucs. Je ne sais plus où. Deux sacs plastique suspendus. Un plat, l’autre bombé. Vide, plein. Liquide translucide. Comme de l’eau. Deux tuyaux descendent. Vers où ? Je tente de réfléchir. Mon cerveau est en plein brouillard. J’essaie de me gratter la tête. De la main gauche (je suis gaucher), machinalement, pour stimuler les méninges. Rien ne bouge. J’essaie avec la droite, pas mieux. Je sens que je devrais m’inquiéter. Mais non, c’est pas grave. Rien n’est grave. Dodo. J’ouvre à nouveau les yeux. Le plafond est toujours aussi blanc, la potence me domine toujours, les deux sacs sont pleins. Je tourne la tête vers la droite, vers la lumière. Une fenêtre. Des stores extérieurs noirs découpent le paysage, un mur beige avec des fenêtres noires. Je remue. Je suis dans un lit, pas le mien. Hôpital. Le mot s’imprime sur mes rétines. Je suis à l’hôpital. Je fais quoi ici ? Je vais bien. Vingt-cinq ans, pas de tabac, peu d’alcool, du sport tous les jours : natation, footing, tennis, un peu de basket. Alors quoi ? AVC ? Crise cardiaque ? J’aimerais me gratter le nez, c’est pas trop demander ? Mais non, je suis bloqué dans ce putain de lit et je ne peux pas bouger. Pas bouger. Une sueur froide inonde ma nuque et assèche ma bouche. Paraplégique ? Tétraplégique ? Frénétiquement, je gigote, tente de remuer des jambes. Victoire ! À mon grand soulagement, le ...
... drap qui remontait sous mon menton recule, mes genoux se choquent. Le soulagement est de courte durée, une douleur aiguë traverse mon pied droit, je pousse un juron. Une porte s’ouvre, une voix féminine me parvient. — Ah, vous êtes réveillé ! Je vous ai entendu, vous avez dit un vilain gros mot. Comment vous sentez-vous ? — Je ne sais pas, dis-je d’une voix rauque. Je… J’ai soif. — C’est normal, votre gorge est sèche. Je vous fais boire avec une pipette. J’acquiesce et accepte avec gratitude quelques gorgées d’un liquide à peine sucré et tiède, servies par une jeune femme ronde et souriante aux yeux pétillants. — Voilà, je m’excuse, mais on va commencer doucement pour boire. J’appelle l’infirmière, elle va venir dans deux minutes. Bip bip, elle est déjà repartie. Je me torture les méninges à essayer de savoir pourquoi je suis à l’hôpital. Rien, nada, nothing. Et mon putain de nez qui me démange. La porte s’ouvre, une voix féminine, différente de la première. Une toute jeune femme approche. Putain, ils les prennent au berceau, les infirmières, ici ? Je lui donnerais dix-sept ou dix-huit ans, à tout casser. — Bonjour ! Je suis heureuse de vous voir éveillé ! — Et moi donc, grogné-je, en mode bourru. — Je suis votre infirmière, du moins pour le moment. Vous vous sentez comment ? — Joker. Je n’en sais rien. Je suis vivant, mais je fais quoi ici ? Pourquoi j’ai les mains attachées ? C’est à croire que vous avez peur que j’étrangle quelqu’un. — À ...