1. Le virus mortel (1)


    Datte: 13/03/2023, Catégories: Divers, Auteur: Ratatac.44, Source: Xstory

    ... contaminant) et une autre personne arrivait un quart d’heure plus tard.
    
    Ainsi, les risques de contamination étaient presque impossibles, malheureusement, presque n’est pas entièrement.
    
    Le soldat s’avança au milieu de la place, les packs dans les bras ; l’air était chargé d’une humidité lourde et du chant étrangement ininterrompu des oiseaux, tout se déroulait normalement. Il se pencha, déposa tout au sol, soigneusement, se redressa et tout bascula. Je le regardais consterné, blessé, attristé aussi, le fin filet de sang coula le long de sa bouche et une goutte sombre se détacha de son juvénile visage pour s’exploser au sol. Il vit alors la larme roulant le long de ma joue ; nous étions là, deux jeunes hommes tout ce qu’il y a de plus égaux, face à face dans le silence, mais l’un n’avait plus que quelques minutes à vivre tandis que l’autre n’avait plus que quelques minutes pour s’enfuir. Il toucha sa narine ensanglantée, regarda ses doigts rougis et n’eut le temps que de me souffler «Fuis».
    
    La peur me saisit, mais la décharge d’adrénaline électrifia mes jambes et me fit courir plus vite que je ne l’aurais cru possible ; avant même que mon esprit ne s’en rende compte, le paysage défilait comme lorsque je me baladais, il n’y a pas si longtemps de cela, en voiture. Les coups de feux et cris se firent entendre derrière moi, aux fenêtres des appartements défilant devant mes yeux, des visages se découvrirent, pris d’horreur. Je n’en avais rien à faire, seule Sandy comptait à ...
    ... ce moment précis pour moi.
    
    La période d’incubation du virus était d’une semaine environ, les soldats étaient là depuis un mois déjà. Mon esprit réfléchissait à toute allure tandis que mon corps allait physiquement à la même vitesse. Qui a bien pu le contaminer, combien de personnes le soldat a-t-il bien pu lui-même contaminer, pourquoi les tests que l’on doit faire au moins deux fois par jour n’avaient rien détecté chez personne ? Tant de questions bon sang, et, au fond de moi, je savais très bien que les réponses possibles étaient bien trop horribles pour y penser plus intensément à ce moment-ci.
    
    Si je ne mourais pas de ce maudit virus, je serais très certainement exécuté, par précaution au moins ; des milliers de personnes ont disparu ainsi à partir de la première centaine de morts. Je n’étais même plus sûr que nous avions encore un gouvernement, où qu’il y en ait un dans le reste du monde.
    
    Je courrais, je courrais, je fonçais. Je fis les quinze minutes à pied, reliant la place du village à notre petite maison en moins de cinq minutes. Je ne pris pas le temps de frapper à la porte, des soldats pouvaient débarquer d’une minute à l’autre, je l’enfonçais d’un coup de pied. Sandy lisait un livre tranquillement sur le canapé du salon et me regarda comme si j’étais taré, mais elle n’était pas bête et savait garder son sang-froid, elle comprit. D’un regard que seuls les amoureux peuvent comprendre, je lui dis tout l’amour que je ressentais pour elle et fonçais à la salle ...