1. Étreinte macabre


    Datte: 06/03/2023, Catégories: Divers, Auteur: Condor76, Source: Xstory

    ... referme la porte derrière moi aussi. Je réchauffe ton corps meurtri. Mais mon cœur connaît déjà l’envergure de cette trahison. Je te réconforte, je sème la sérénité, mais ma tête a dit adieu à la raison. Qu’importe ce qu’il se passera, seul le résultat comptera. Mes pensées sont à oublier, uniquement sur le geste je dois me concentrer.
    
    Tu tournes alors la tête, comme résignée. Tu sembles prête ; surtout ne pas flancher. "Juge et bourreau...", tel un mantra je me répète ces mots. Mon cerveau déconnecte, mes mains attrapent ton collier. Ça cogne dans ma tête. Mes jambes entourent ton corps tout entier. Je commence à serrer, j’ai trop peur d’y aller. Le temps ralentit, que ce ne soit pas trop long, je vous en supplie... Le souffle te manque mais c’est loin d’être fini. Je vais devoir me damner, sans faire semblant, me donner tout entier.
    
    J’arrive à bout de forces quand tu comprends la trahison. Tu te débats de toutes tes forces pour éviter cette pendaison. Alors la colère me prend, je n’ai que faire de tes grondements. Mon être entier aspire à te tuer, je ne serre plus à moitié. Je t’ai promis d’aller jusqu’au bout, c’est mon calvaire de te serrer le cou.
    
    Tes crocs claquent, j’en ai ...
    ... ma claque. Je dois en finir, c’est de pire en pire. Dans la rage et dans les larmes, je hurle ma douleur de ne pas être à la hauteur. Je t’implore par pitié de ne plus t’accrocher. "Juge et bourreau... je suis le pire des salauds." Tu grondes tel un loup, je dois pourtant tenir le coup. Je te crie que je t’aime et je te comprime toujours le cou.
    
    Mes forces m’ont quitté, je reste tétanisé. De longues minutes ont passé et je serre encore ton gosier. La vie t’a quittée depuis un moment, mes doigts sont bloqués, je suis hors du temps. Une voix douce à mes côtés me murmure de te lâcher. Des doigts doux accompagnent les miens pour mieux te relâcher. Dans les larmes et le chagrin, j’ai complètement disjoncté. J’ai si peur que tu reviennes, les yeux remplis de haine. Je me lève enfin et contemple, honteux, mon dessein. Je ne suis pas un saint. Les mains endolories, je me sens vidé. Le cœur démoli, je n’en finis plus de chialer. Ivre de fatigue, je rentre me laver. Je me sens sale et vil, j’ai violé ma propre humanité. Dans quelques heures je reviendrai vers toi. J’enterrerai ton corps et une partie de moi. A chaque fois que je te pleurerai, je me maudirai. "Juge et bourreau... porte ton fardeau." 
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