1. Déconfinement


    Datte: 26/02/2023, Catégories: fh, fffh, jeunes, copains, forêt, froid, pénétratio, délire, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... partie dans le sac du chinois et prends le reste à la main. L’aspirateur m’accueille, ça fait un boucan ce truc-là, vive le balai de joncs! J’installe une dînette dans la petite cuisine qui a l’air dépoussiérée, plats prêts à chauffer dans le micro-onde. J’entends l’eau couler, ma belle est sous la douche. J’irai après elle, elle fera chauffer.
    
    Nous nous croisons dans le couloir, l’espace d’un baiser, je lui succède. Quand je sors, juste ceint d’une serviette, j’entends la sonnette du four. Mais je trouve ma belle effondrée sur une chaise, de grosses larmes coulent sur ses joues. Le papelard dit qu’ils ont la tristesse de lui annoncer le décès de ses parents, enterrés dans la fosse commune numéro 6 et qu’une stèle avec tous les noms des victimes du Covid-20 sera érigée. La participation pour le monument est de 1 500 €. Merci bien. Je pense qu’un courrier similaire m’attend dans ma boîte. Je lui entoure les épaules de mon bras. Pas de cris, pas de sanglots, juste deux grosses larmes salées. On s’y attend tous, mais rien à faire, ça fait mal quand ça arrive. Je l’admire, elle est vraiment remarquable de retenue.
    
    — Sers-moi à boire, s’il te plaît. Non, pas le vin, dans le salon, sous la télé, trouve-moi ce qu’il y a de plus fort, j’ai envie de me saouler…
    
    Je trouve une bouteille de scotch et deux gros verres en cristal. Elle fait la grimace, mais avale. Putain, à quand remonte mon dernier whisky ? C’est vrai que c’est plus raide que l’eau du torrent, vache, ça décape ...
    ... ! Elle tend son verre :
    
    — Encore…
    
    Cette fois, elle boit à petites gorgées en grignotant ces chips blanches qui assèchent la langue. Enfin elle dit :
    
    — Allez, mangeons…
    
    Elle se lève, mais retombe sur sa chaise, déjà beurrée. Je souris et je nous sers. C’est gras, mais ce n’est pas mauvais. On se torche la bouteille de rosé en mangeant jusqu’au dernier nem. Et puis on va se coucher en se tenant serrés, autant pour se rassurer que pour tenir debout. Elle tombe dans le lit et s’endort instantanément. Je ne tarde pas à la rejoindre.
    
    Je me réveille, elle est nichée contre moi en chien de fusil, ses jambes sur les miennes, petit animal blessé. Je ne bouge pas d’un cil. Quand elle ouvre les yeux, elle recale sa tête bien au creux de mon épaule.
    
    — Heureusement que tu es là, murmure-t-elle. Je ne veux pas jouer la Framboise, mais je ne veux pas rester seule…
    
    Alors on fait tout ensemble. Le commissariat où l’on contrôle nos Certificats puis nos papiers, on me recherche sur les bases de données officielles.
    
    — Monsieur Rézin Jérôme, Directeur de « Formadult’ », 11 bis rue du Chapeau, c’est bien ça. Rien ne vous empêche de rentrer chez vous…
    — Eh bien si, le gardien de l’immeuble.
    — Pfff ! Encore un qui fait du zèle, on va le recadrer. Allez-y, je vous envoie la patrouille.
    
    Nous attendons devant la porte vitrée de l’immeuble, le molosse est derrière, nous regardant l’air méchant. Les keufs débarquent et sortent de leur véhicule bariolé, nouveau contrôle des ...
«12...678...15»