1. Déconfinement


    Datte: 26/02/2023, Catégories: fh, fffh, jeunes, copains, forêt, froid, pénétratio, délire, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    Les jours se succèdent et se ressemblent. Fin janvier, nous vivons une petite période de dégel, la couche de neige diminue, l’eau coule de nouveau dans le tuyau de la cuisine. Nous sortons tous ensemble pour aller chercher du bois et refaire les stocks totalement vides. Trois jours durant, c’est le grand exercice de halage, et de sciage. On en profite pour aérer en grand en ouvrant portes et portières. Mais toujours impossible de pêcher, la couche de glace est trop importante. L’exercice nous fait du bien, réveille les corps engourdis, mais le grand air nous assomme aussi et le soir nous ne traînons pas et dormons vite. Le point sur les réserves montre que nous avons été très raisonnables, je dirais les filles surtout. D’une part parce qu’elles se contentent de peu de protéines, d’autre part parce qu’elles ont fait beaucoup de potages à base de nos légumes, citrouilles, potirons, poireaux et pommes de terre. Des potages longuement mijotés qui, même sans mixer, ressemblent à des purées liquides qui calent bien l’estomac. On commençait à se demander s’il ne vaudrait pas le coup de tenter une descente au village, ne serait-ce que pour avoir des nouvelles fraîches. C’est risqué, mais… La réponse est venue du ciel avec de nouvelles chutes de neige et des températures basses, retour à la belote.
    
    C’est notre jeu favori qui nous réunit tous les quatre, nous y passons des heures, l’après-midi comme aux veillées. Un matin, le ciel est particulièrement chargé, genre il ne fera pas ...
    ... jour aujourd’hui. Mais il fait moins froid. Et soudain, c’est la pluie, la vraie, la « drache » comme on dit dans le nord, pendant des heures. Au fur et à mesure, les sons changent. On entend le petit torrent à côté de notre abri dévaler avec un bruit d’enfer. Ça dure encore toute la nuit. Au matin, hallucinant ! Plus de neige, sauf à quelques endroits côté nord. En revanche, c’est la gadoue et un paysage brûlé, attristant, d’herbe couchée et jaunie. Des blocs flottent encore sur le lac, tout est trempé et dégouline. Beurk le dégel ! On a presque du mal à tenir debout tellement la terre regorge d’eau. Je suppose qu’elle est encore gelée en dessous, à quelques centimètres, et la couche détrempée repose sur une couche encore dure. Tant pis, je vais à la pêche quand même, sans vers de terre, mais en empruntant des bouts de gras de jambon à la cuisine. Et ça marche ! Bonheur de retrouver ces truites fraîches dont on avait marre. À trois maîtresses de maison contre un pauvre diable, truites ou pas, je dois poser mes bottes avant d’entrer. Elles ont doublé de poids et de volume.
    
    Petit à petit, le temps se remet et se stabilise au beau. Ça signifie que tout est blanc de givre le matin, mais qu’on a du soleil l’après-midi avec une impression de douceur. Florence et moi décidons de tenter une expédition dans la vallée. On a bien fait de sécuriser le col, c’est vraiment rock-roll. Sans la corde, nous serions au fond du ravin. Les matelas s’en sont sortis, peut-être que nous aussi, ...
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