1. Déconfinement


    Datte: 26/02/2023, Catégories: fh, fffh, jeunes, copains, forêt, froid, pénétratio, délire, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... serraient les dents sans rien dire. En arrivant vers vingt heures, nous nous sommes jetés dans les duvets sans même allumer le feu. Le lendemain au réveil, notre premier geste a été de prendre le second comprimé de la plaquette et de boire beaucoup d’eau fraîche. Une soif inextinguible. Vers midi, ça allait un peu mieux, mais toujours pas faim. Nous nous sommes assis autour de la table pour discuter de la conduite à tenir.
    
    — J’ai le souvenir de mon accident de montagne d’il y a onze ans. J’ai bien été content de trouver refuge ici. Alors, même si l’ermite n’est plus là, je pense que laisser tout opérationnel, ce ne serait pas mal pour des accidentés ou des égarés. Une sorte de refuge, en somme.
    — Je suis d’accord, on ne va pas faire dix voyages pour descendre ce qu’on a eu tant de mal à monter. Des gens dans le besoin trouveront ici un abri sûr, des lampes à pétrole avec du pétrole, l’eau courante, les chiottes, les matelas et un peu de ravitaillement.
    — En revanche, dit Yvette, il faut remporter tout ce qui va se périmer.
    — C’est certain. Mais les pâtes, les féculents ou ces trucs-là peuvent rester, y compris le pinard et le pastis. En revanche, tout ce qui est viande, il faut l’emporter, et les légumes, les restituer à la nature.
    — On veut bien se charger d’une bonne partie de la bouffe, murmure Yvette, on risque de ne pas avoir grand-chose à béqueter en rentrant…
    — Oh, c’est vrai, mes chéries. Pour vous, les comptes sont vides. Tiens, Yvette, je te donne tout ...
    ... ce que j’ai dans ma ceinture.
    — Moi aussi, tiens Zoé, je te file tout ce que j’ai.
    — Attendez, on ne fait pas l’aumône, on se débrouillera, proteste Zoé.
    — Mais oui, on le sait bien. On a tous prouvé qu’on pouvait se débrouiller, mais on a toujours dit qu’on partageait. On partage jusqu’au retour chez nous. Nous, nous avons cette chance d’avoir reçu du pognon pendant un an sans bosser, pas vous. Pense que par nos mains, c’est l’état qui t’aide et qui te remercie d’être vivante pour reconstruire ce pays. Parce que ça va être coton.
    — Sûr ! Rien que l’expérience d’hier, je crois que je vais avoir du mal…
    — Nous aussi, confirme Florence. Heureusement qu’on est deux.
    — Oui, nous aussi.
    
    Elles ont pris leurs fringues, environ cinq kilos de bouffe chacune, et puis quelques bricoles utiles, couteaux, gamelles… et, au vu du poids des sacs, décident de prendre aussi leurs duvets. Avec Flo, nous laissons à peu près tout, sauf nos affaires personnelles. Je fais un mot, posé sur la table.
    
    J’aurais presque eu la larme à l’œil en partant. Les marmottes nous ont offert un concert de sifflets. Au col, on s’est arrêté un long moment, le cœur serré. Quel bel endroit, rude, mais beau et généreux. Un taxi nous a emmenés à la gare d’Aix-les-Bains. Il a fallu prendre un bus pour Lyon. À Lyon, pas de train pour la région Centre-Val de Loire, la ligne n’est pas encore remise en état. Il faut monter à Paris et reprendre un Paris-Toulouse à Austerlitz. Et à chaque fois, « Certificat de ...
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