1. Erotisme et cinéma (12) : « La Clef » de Tinto Brass (1983)


    Datte: 26/02/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... jouant avec les éclairages.
    
    Teresa, l’épouse, aura finalement accédé au fantasme de son mari, fantasme d’intimité sans pudeur et de dépossession. Lorsque son mari Nino l’étreint par la suite dans son sommeil, ce n’est plus son prénom qu’elle prononce mais celui de son gendre. « Mais, tient-elle à préciser dans le journal intime qu’elle tient à son tour, ce n’est pas par soumission d’épouse que je l’ai fait mais par luxure de femme. »
    
    « La Clé » est au final la découverte d’une double joie ultime : désirer et être désirée. Ce film est un film sur le désir féminin, ce qui en fait un film érotique très fort.
    
    CE FILM ET MOI
    
    Purement intellectuel, je dirai même esthétique, le candaulisme de Nino n’en n’est pas moins réel et ne pouvait évidemment manquer de m’interpeller.
    
    Ce film raconte comment un mari procède pour amener son épouse prude, par des chemins détournés, à devenir une bombe.
    
    Depuis que j’ai perdu ma puberté, j’ai assumé mon hypersexualité et, le moins qu’on puisse dire est que, à la différence de Teresa, je n’ai jamais été prude ! Pourtant, la façon dont Nino pousse Teresa dans les bras d’un amant, n’a pas manqué de me rappeler tout ce que Philippe avait fait pendant les premières années de notre relation, pour que je renonce à mes bonnes résolutions de devenir une épouse sage, fidèle, classique en quelque sorte, pour que j’assume pleinement mon hypersexualité et donne satisfaction à ses fantasmes candaulistes.
    
    Philippe, comme je l’ai ...
    ... raconté dans mes premiers récits autobiographiques, a utilisé des armes bien plus « massives » que le journal intime destiné à faire changer Teresa. Il a exprimé clairement ce qu’il voulait, dès le début de notre relation et n’a cessé de me pousser, jusqu’à ce que je cède à ma tendance naturelle. Il est allé loin, très loin, sans doute trop loin, en me poussant à l’adultère dès la nuit de notre mariage et surtout en mettant sur ma route un fauve comme Rachid.
    
    Il n’en demeure pas moins que l’intention initiale de Nino est de même nature que celle de Philippe. Nino utilise lui aussi l’arme de l’exhibition, Philippe le faisant en me poussant à porter des vêtements toujours plus indécents, alors que Nino fait circuler en cachette des photos intimes de son épouse.
    
    Autre point commun : l’écart entre les âges des époux, dans le film comme entre Philippe et moi. Il y a chez Philippe, comme chez Nino, la conviction de ne pouvoir seul assumer les besoins de leur épouse. L’analogie a ses limites, Philippe ayant pris les dispositions pour surmonter les problèmes de départ et devenir un amant performant. Pour autant, il était et reste conscient qu’il ne peut suffire à répondre à tous mes besoins.
    
    Teresa finit, elle aussi, par donner libre cours à sa libido. Elle découvre qu’il n’y a rien de plus exquis que de faire l’amour et d’assumer sa libido et ses désirs. Je confirme, étant entendu que le fantasme candauliste de son mari, comme du mien, encourage, pousse à l’infidélité de ...