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Erotisme et cinéma (12) : « La Clef » de Tinto Brass (1983)
Datte: 26/02/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... épouse, le lise. Laszlo, son futur gendre, est photographe. Nino obtient sa complicité en lui demandant de développer des photos de sa femme en tenue suggestive. Laszlo accepte mais fait en sorte que Lisa (Barbara Cupisti), sa fiancée, fasciste convaincue, les trouve. Lisa adopte ensuite une attitude ambiguë car, après avoir vertement reproché son inconduite à sa mère, elle fait en sorte de la rapprocher de Laszlo afin qu'une liaison se concrétise. Teresa se met alors à son tour à rédiger un journal qui répond à celui de son mari. Pour incarner l'héroïne sexuellement frustrée mais prête à sombrer corps et bien dans tous les excès, Tinto Brass mise sur Stefania Sandrelli, ancienne reine de beauté, alors âgée de 37 ans INSPIRE D’UN ROMAN JAPONAIS Le film s’inspire du roman éponyme de l’écrivain japonais Junichiro Tanizaki (1886-1955) où celui-ci traite sans détours le problème du désir sexuel chez un couple. Écrit sous la forme d'un double journal intime, le récit alterne les entrées d'un professeur d'université, présenté comme un homme sur le déclin (56 ans), et celles de sa jeune épouse (45 ans) aux « désirs insatiables ». Tous deux évoquent leur vie conjugale et sexuelle, insatisfaisante, et intriguent chacun à leur manière en vue de soigner leurs frustrations. Leurs jeux incluent leur fille ainsi qu'un ami de la famille, potentiel fiancé de la fille. Les manœuvres psychologiques des personnages s’y révèlent extrêmement machiavéliques. L’opinion publique réagit ...
... vivement, considérant qu’il s’agissait d’une œuvre pornographique et immorale. COMMENTAIRES Ce film est un classique du cinéma érotique des années 80, une œuvre sensuelle et troublante. Tinto Brass défend ici une conception de la liberté sexuelle qui rend son film si touchant, je dirai même intimiste. Ce couple va à la découverte du plaisir, de la transgression. Ils décident d'aller au bout de leurs fantasmes, de sortir de la tradition moraliste. Le non-dit, le voyeurisme, l'exhibitionnisme deviennent des moyens d'accéder à leur libération. L’actrice Stephania Sandrelli est sublime, une vraie bombe érotique. Sa nudité est provocatrice, opulente, généreuse, offerte, nonchalante. Les plans rapprochés sur son sexe, et ses fesses sont incroyablement indécents. Cette femme prend conscience de sa soif de sexe et finit par l’assumer. Le sujet à la fois fort, brûlant et scandaleux, avec une mise en scène très élégante. Les jeux sexuels sont ici présentés comme un dérivatif à la bêtise fasciste ambiante. Nino, en bon candauliste, est un esthète et aime vivre les choses par procuration. Depuis le salon de son coiffeur il observe au moyen d’une longue vue des voisines s’adonnant au triolisme (l’usage soudain du noir-et-blanc pour ces plans suggère d’ailleurs qu’il imagine peut-être davantage qu’il ne voit). Ayant emprunté un appareil photo à Laszlo, il prend des clichés de sa femme endormie sous toutes les coutures, la manipulant à sa guise (au sens propre et au figuré) et ...