1. Uchronie soit qui mal y pense ou l'effondrement de l'humanité [SF] (8)


    Datte: 21/02/2023, Catégories: Divers, Auteur: Doogy Woogy, Source: Xstory

    ... tête et jappa. Trop occupées, les deux amantes ne prêtèrent guère attention au chien qui se dirigea vers la fenêtre. Il gronda puis revint s’allonger sur le tapis. Les oreilles dressées, il restait sur ses gardes. Sophie, entre deux fessées, remarqua le manège de l’animal. Elle le caressa, l’interrogea comme s’il avait été capable de répondre, puis elle reprit son activité première. Elle redoubla même d’efforts, si bien que le sublime cul d’Emma rougit à vue d’œil. Les gémissements de la suppliciée exprimaient maintenant plus la douleur que le plaisir du début. Pour calmer le feu de la peau, Sophie incita le mâle à lécher les fesses endolories. Emma gloussa lorsque la langue râpeuse glissa sur son épiderme, mais le chien interrompit ses soins pour se remettre à grogner en direction de la fenêtre.
    
    — Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu es bien nerveux, mon gros loup…
    
    — J’espère que ce n’est pas une autre de ces créatures qui t’ont agressée hier.
    
    — Tu ferais bien de te rhabiller, ma chérie : si c’est le cas, mieux vaut protéger ta peau.
    
    — Après le traitement que tu m’as administré, je ne suis pas sûre de pouvoir supporter un vêtement sur mes fesses !
    
    Irkoutsk aboyait de plus belle. Emma enfila son peignoir. Les deux femmes n’en menaient pas large. La faible lumière dansante des bougies semblait animer les ombres projetées. La flamme de l’une d’elle vacilla, comme si un courant d’air soudain tentait de la souffler. La pluie qui tambourinait sur les vitres dans un ...
    ... bruit assourdissant ruisselait en un rideau translucide. Impossible d’apercevoir ce qu’il se passait à l’extérieur qui, de toute façon, restait plongé dans le noir, hormis lorsqu’un éclair zébrait le ciel, ce qui ne durait que quelques secondes.
    
    — Emma, tu es folle de t’approcher si près de la fenêtre !
    
    Planquée derrière le canapé, Sophie regardait avec effroi sa compagne ramper vers la baie. Elle aurait voulu l’empêcher de continuer, mais le souvenir de son agression lui revint comme un coup de poing au visage. La trouille la tétanisa. Irkoutsk grondait maintenant comme elle ne l’avait encore jamais entendu faire. Babines retroussées, il montrait les dents. Emma, impressionnée par le comportement du molosse, hésitait entre observer ce qui se tramait dehors ou retourner se cacher derrière cette protection illusoire qu’offrait le canapé. La maison entière ne semblait pas être à même de procurer une réelle sécurité. Dans un élan de courage dont elle ne comprenait pas l’origine, elle se redressa le long du mur, puis approcha avec précaution son visage de la fenêtre. La pluie empêchait toujours de distinguer l’extérieur. À peine parvenait-elle à deviner le bout de la terrasse. L’éclairage de la rue permettait tout juste de détacher la masse noire du mur de clôture, comme si une monstrueuse divinité avait jeté une purée de poix sur les environs.
    
    Irkoutsk cessa d’aboyer. Un silence relatif régnait dans la pièce ; la seule source de bruit venait de la pluie qui ne cessait de ...
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