1. Maïa la belle


    Datte: 13/02/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, fsoumise, portrait, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    Obligation de mariage. J’ai horreur de ça. Guillaume et Sylviane, deux amis du temps de la fac, qui vivent ensemble depuis des années, et qui ont décidé de se marier. Pour avoir des enfants. Bien sûr, je suis invité, bien sûr, je ne peux pas refuser, je suis le témoin du marié. J’y vais donc. Cadeau de la liste. Costume léger et clair. C’est l’été et il fait très chaud. Ces deux enseignants ont décidé de se marier pendant les vacances, en juillet. Ils m’ont dit :
    
    — Tu verras, on te réserve une cavalière tellement super que tu vas tomber amoureux !
    
    À moi, le célibataire endurci, laissez-moi rire. Mais en arrivant un peu avant onze heures, pendant que la mariée termine de se sangler dans sa robe de torture, Guillaume me prend à part :
    
    — J’suis désolé vieux, y a un problème. Sylviane a une cousine un peu… particulière. Genre incontrôlable, tu vois ? Alors on s’est dit… Toi t’es solide… Tu pourrais peut-être…
    — Maîtriser la bête ?
    — Oui c’est ça en quelque sorte…
    — Donc tu me demandes d’abandonner celle qui aurait pu être la femme de ma vie pour me transformer en infirmier psychiatrique…
    — Euh… en quelque sorte, oui.
    — Arrête de dire « en quelque sorte », c’est agaçant. Bon, tu sais ce que je pense des mariages ? En gros ça m’emmerde et je ne suis là que parce que c’est vous. Alors emmerdé pour emmerdé, va pour la folle ! Mais je décline d’avance toute responsabilité, je ne ferai que ce que je pourrai…
    — Ça marche, merci, t’es vraiment un frère, conclut-il en ...
    ... m’embrassant.
    
    La cérémonie se déroule rapidement à la mairie, je signe. Elle est un peu beaucoup plus longue à l’église, mais le lieu est frais, donc agréable, et nous en profitons pleinement. Toujours pas de foldingue, j’ai encore la paix. Guillaume et Sylviane ont bien fait les choses. Ils ont loué une sorte de manoir au milieu d’un parc, et pris les services d’un traiteur pour la journée. C’est joli, sympa, le champagne et les amuse-bouches sont très bons, l’ombre des grands arbres assez fraîche. Nous allons passer à table quand la tornade jaune et noire débarque, sortie d’on ne sait où.
    
    Elle commence par faire un scandale sur l’horaire, n’ayant trouvé d’abord personne à la mairie, puis plus personne à l’église. Heureusement qu’une bonne âme a bien voulu l’amener jusqu’ici ! Guillaume la conduit jusqu’à sa place à table, disant « c’est pas grave, tu arrives pour le meilleur », fait les présentations et me la laisse en me soufflant « bon courage ». Ça part fort. Maïa, car c’est ainsi qu’elle se prénomme, est une petite bonne femme ronde et brune, accoutrée d’un ensemble à grosses rayures jaunes et noires. Elle porte de grosses lunettes de soleil complétant sa ressemblance avec l’abeille du même nom, tout au moins homophone. Elle se tortille sur sa chaise comme un ver coupé, intervient dans toutes les conversations, râle sur tout : quelle idée de manger dehors par une chaleur pareille, et pourquoi tout le monde n’est pas servi en même temps, et qu’est-ce que c’est que ce ...
«1234...15»