1. Echappée belle. (3)


    Datte: 25/01/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Duchesse, Source: Xstory

    ... déboucha une bouteille et me proposa un verre, il tomba à point nommé et je l’acceptai bien volontiers. Elle reprit de plus belle, le verbe moins haut et sur un ton conspirateur :
    
    — Oh, putain, j’en pouvais plus…
    
    Elle leva les yeux au ciel. Moi, je restai interdite devant son changement de ton et sa phrase énigmatique. Elle dut le comprendre car elle jeta un œil vers la porte, comme pour s’assurer que nous étions bien seules, et m’expliqua :
    
    — Gustave, c’est un vrai pot de colle.Il pisolino, mon œil ! J’ai pris un bain de soleil cet aprèm ; dès que vous êtes partis, il m’a rejointe. Il ne m’a pas lâchée d’une semelle depuis. Pour un peu il m’aurait suivie au petit coin. Désolée pour ma tirade de tout à l’heure, j’avais besoin que tu me sauves.
    
    Nous trinquâmes, et cul sec nous descendîmes nos petits verres de poire.
    
    — On s’en rejette un p’tit ? me proposa-t-elle. C’est Gustave qui l’a amenée. Ça fait des heures que je l’écoute jacter ; il me doit bien ça !
    
    — Vendu ! lui répondis-je en faisant glisser mon verre vers elle sur la toile cirée qui recouvrait la table au coin de laquelle nous étions installées.
    
    — Je compte sur toi, Mel. Tu ne m’abandonnes pas à mon triste sort entre les griffes du relou de service ?
    
    — Promis, sororité ! lui répondis-je en levant mon verre pour sceller notre accord.
    
    Nos verres descendus, la bouteille dans sa main droite, elle me prit par le bras. J’attrapai nos verres au vol et nous rejoignîmes l’assemblée qui nous ...
    ... attendait. Illico presto nous choisîmes deux places côte à côte autour de la table et marquâmes notre territoire en y étalant nos affaires. Bien qu’il n’y eût strictement aucun réseau téléphonique et encore moins de connexion Internet, nous étalâmes nos téléphones portables, nos verres, et Sacha son paquet de cigarettes et son briquet.
    
    Gustave qui s’était – par la force des choses – retrouvé seul, avait rejoint Luc et Philippe auprès du barbecue. Leurs conversations étaient animées, et de temps à autre un éclat de rire émergeait du brouhaha qu’ils faisaient. Je n’y prêtais pas attention outre mesure et buvais avec la même régularité les paroles de Sacha et l’alcool de poire. J’appris ce soir-là que Sacha vivait toujours chez ses parents dans une ambiance plus ou moins cordiale et qu’elle finissait une licence en droit. Elle m’expliqua faire un peu de mannequinat pour être autonome financièrement, ses parents étant visiblement du type à la considérer comme leur éternelle débitrice pour chaque centime investi dans ses études. Elle venait faire du bénévolat, mais fuyait aussi l’atmosphère familiale délétère.
    
    L’alcool aidant, je lui livrai en retour quelques bribes de ma vie et lui parlai notamment de notre couple et de mes études. Je notai en mon for intérieur qu’elle, de son côté, n’avait pas évoqué sa vie sentimentale. Nous nous entendions assez bien et passions un moment agréable. Mais rapidement j’eus l’impression de porter des chaussures à bascules, alors même que j’étais ...