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La sirène d'Innsmouth (1)
Datte: 23/01/2023, Catégories: Divers, Auteur: domindoe, Source: Xstory
... enfoncés pour ne pas paraître exorbités et munis de deux paupières mobiles, haute et basse. Le visage un peu ovale, les oreilles petites et collées, la bouche épaisse. La femme avait un torse étroit et deux seins assez épais plantés dessus, mais ses deux bras se terminaient par des sortes de nageoires palmées. De même, elle était visiblement femme par son sexe, sans conteste, mais ses jambes se terminaient également par des palmes. Ses quatre extrémités étaient de larges palmes. Sa peau quant à elle, était absolument lisse, semblant épaisse et plutôt grise et bleutée, elle évoquait celle d’un dauphin. Le temps de la première surprise passé, nous approchâmes la créature. Elle ne semblait pas agressive, mais apeurée. Je me tournai vers le marin. — Qu’est-ce que c’est ? Vous parliez tout à l’heure « d’une tous les siècles », il en est donc déjà apparu ? L’homme hésitait. Je le poussai à répondre. — C’est une femme-poisson, mon arrière-grand-père ou peut-être son père, on sait pas bien, en a vu une quand il était jeune. Il y a un peu plus d’un siècle. On l’avait pêchée au large d’Innsmouth, à l’époque, les habitants étaient... comment dire... pas bien vus, comme la cité d’ailleurs, sale réputation. Des adorateurs de démons inconnus, on disait. On racontait des histoires d’hommes aux allures de poissons et de grenouilles, et voilà qu’on pêche cette femme-poisson. Harding, le gars qui l’a pêchée était un célibataire biscornu et plus qu’un peu fêlé. Il a pas voulu la tuer ...
... ni l’amener à l’institut. — L’institut ? — Ouais, l’université d’Arkham ! — Qu’est-ce qu’il en a fait ? — Ben, comme cette créature semblait pouvoir survivre un certain temps hors de l’eau, il l’a emmenée avec lui, dans son appartement. Et il l’a installée dans une baignoire et l’a remplie d’eau de mer ! Il fallait qu’il soit givré, je vous dis ! — Qu’est-il arrivé ? — Mon père qui tenait l’histoire de son grand-père n’a pas été très explicite. Je crois bien qu’Harding la baisait si vous voulez mon avis. Il n’arrivait pas trouver de femme “normale”, comme beaucoup d’hommes de cette foutue ville d’ailleurs. Faut dire qu’ils étaient pas jouasses, autant les bonshommes que les bonnes femmes, de vraies mochetés. Donc le Harding, il avait cette chatte à sa disposition – sauf votre respect m’dame – et il en a profité. — Et ensuite ? demanda ma femme sans ciller. — C’est là que c’est moins clair. On a retrouvé Harding mort. Certains disent qu’il s’est suicidé, pendu. D’autres que ce serait cette femme-poisson qui l’aurait tué, mais personne n’explique comment elle aurait pu pendre un bonhomme comme Harding qui faisait presque deux fois sa corpulence, en plus qu’elle pouvait pas tenir debout. Et puis, il avait une véritable expression d’horreur sur le visage, les traits déformés par une terreur indescriptible comme s’il avait croisé toute la folie expurgée du cœur des enfers, m’a raconté mon père. Il n’aurait jamais été effrayé comme ça par cette femme. — Et ...