1. La sirène d'Innsmouth (1)


    Datte: 23/01/2023, Catégories: Divers, Auteur: domindoe, Source: Xstory

    Claire et moi étions mariés depuis vingt-deux ans.
    
    Notre rencontre avait eu lieu à l’université de Miskatonic d’Arkham dans l’état du Massachusetts où nous suivions des cours, Claire de biologie, moi de physique. Nous nous étions rencontrés par l’intermédiaire d’amis communs passionnés par l’occultisme, discipline pour laquelle Claire et moi n’avions strictement aucun intérêt. Ce manque flagrant de passion pour l’occultisme dans cette ville, dans cette université et en ayant ces amis communs fut paradoxalement la raison de notre rapprochement.
    
    Pour celles et ceux qui l’ignorent, il est utile de rappeler qu’Arkham et l’université de Miskatonic furent rendus tristement célèbres par les récits d’horreur, de fantastique et teintés d’occultisme de H. P. Lovecraft, romancier américain du début du vingtième siècle. Celui-ci situe nombre de ses écrits dans notre ville d’Arkham et, non loin de là, dans la cité portuaire d’Innsmouth à l’embouchure du fleuve Manuxet, et reliée par la Highway 1A à Arkham. Enfin, il est utile de préciser que la bibliothèque de l’université de Miskatonic serait censée avoir recueilli l’ouvrage maudit de l’arabe fou Abdul al-Hazred, le Nécronomicon. Cet ouvrage en plus de contribuer à établir le panthéon de tous les anciens dieux démoniaques exilés sur notre Terre, aurait des pouvoirs que je n’évoquerai même pas ici tant cela semblerait tenir d’un catalogue de superstitions.
    
    Après quelques mois de flirt poussé, Claire et moi, nous étions mariés. ...
    ... Nous avions une attirance mutuelle. Intellectuelle bien sûr, car comme je l’ai évoqué précédemment, nous étudiions des disciplines scientifiques, et nous étions tous deux des sceptiques, mais pas obtus, bien que j’aie toujours la réputation d’un savant borné dans certains milieux. Cependant, cette attirance était également et avant tout sexuelle. Et en écrivant sexuelle, je ne veux pas simplement dire physique. Physiquement, Claire était attirante, c’était une belle et grande jeune femme, aux courts cheveux dorés, au visage ovale, aux yeux ronds et brillants, bien que légèrement exorbités, au petit nez en trompette, aux lèvres charnues. J’aimais regarder son corps athlétique, ses épaules de nageuse, sa musculature fine, ses seins ronds et fermes, son ventre plat et lisse, ses fesses bien galbées. Je ne me lassais jamais.
    
    Quant à moi, j’étais suffisamment grand et athlétique pour avoir pu obtenir ses faveurs après avoir capté son attention par quelques qualités intellectuelles plus que par ma beauté plastique.
    
    Nous avions fait construire une villa à l’extérieur de la cité, et fait aménager une immense étendue d’eau aux formes biscornues, comme la nature disait Claire, suivant les contours et l’emplacement d’un très ancien petit lac, et dotée d’une descente en pente douce, comme celle d’une plage côtière. C’était notre piscine. Car Claire adorait nager, la belle musculature de ses cuisses et de ses jambes en était témoin. Claire nageait nue, elle ne supportait pas que ...
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