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COLLECTION ZONE ROUGE. T’a pas 100 balles ! (2/2)
Datte: 07/01/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: CHRIS71, Source: Hds
« T’a pas 100 balles ! » « Détache-moi, il faut que je trouve mes fortifiants. » Ce sont la première et la dernière phrase que je prononce dans cette maison dont je vois des arbres bougeant sous le vent par la fenêtre dès que le jour se lève. Je me retrouve attachée nue par Félicien à un lit. Félicien est un ancien élève du temps ou j’étais au collège. Lorsque nous sommes entrées au lycée, il avait disparu sans que nous nous posions la moindre question. Nous étions insouciants, car les changements étaient fréquents, même au cours d’une année. L’homme que j’ai devant moi est bien loin de la grande asperge qui était le souffre-douleur d’un grand nombre de connards ou de connasses Il faut reconnaitre que la transformation physique de ce garçon grand mais chétif, à cette époque, à de quoi me déboussoler. Mais pourquoi m’a-t-il enlevée, ligotée, lavée et couchée contre mon gré. Où suis-je, dans une vieille cabane, mais où ? Attendait-il que je me réveille pour me violer alors que pour 100 balles, il pouvait me sauter derrière la pile du pont où j’ai trouvé refuge auprès de Mohamed, un paumé comme moi ? Recherche de fric pour me payer ce que j’appelle pudiquement mes fortifiants alors que je suis Junkie à l’héro. Accumulation de conneries commencées le soir de ma réussite au bac. De là, lente descente aux enfers jusqu’à mon père qui m’a jetée à la rue. Fortifiant, enfer, j’ai mal au ventre, mais ça fait longtemps que mon cerveau était ...
... resté sans un début de lucidité. Félicien, me remet ma couverture, la chaleur revient un peu dans mon corps, mais je sens qu’un manque est en moi. • Détache-moi, je me sens mieux, ça va aller, merci de m’avoir aidé ! Il met une main à sa poche. • Tes fortifiants, c’est ça, j’en ai trouvé sous les cartons où tu t’étais réfugiée avec un Maghrébin en rupture de ban lui aussi. Un vrai poivrot, il avait du mal à parler. • Il y avait une boîte en fer dans mes affaires, l’as-tu récupéré ? • La boîte avec une cuillère, un briquet, une seringue toute pourrie et une bande souple pour te faire ressortir la veine ou piquer et t’injecter ta merde ? Elle est au fond de la Seine où je l’ai jetée. Ici, elle te sera inutile. Regarde ce que je fais de tes fortifiants ! Horrifié, je le vois ouvrir la poche de plastique pour la vider dans une vieille auge en pierre. • Pauvre con, il y en avait pour 100 balles. • Tu vois tu dis que tu vas mieux et si je te libère, tu feras tout pour avoir ta dose. Je te libèrerais quand cette saloperie aura été éliminée de ton corps. Gilles, mon ami pharmacien m’a dit que ça prendrait des semaines. Ici au fond d’une forêt dans le cabanon de chasse de mon grand-père, tu auras tout le temps d’éliminer cette pourriture. C’est lui qui t’a posé ce cathéter et dans cette poche, il y a du glucose et des somnifères. J’ai dû être trop léger sur la dose de somnifère dans la poche que j’ai installée avant de remonter à ...