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Des camarades de classe (17)
Datte: 13/11/2022, Catégories: Trash, Auteur: Doogy Woogy, Source: Xstory
Les poings sur les hanches, Bernard observait la scène orgiaque jouée devant lui. Interdit, Philippe balbutia, supplia le fermier de n’informer en aucun cas ses parents de ce qu’il venait de voir. Le vieil homme resta évasif sur les suites qu’il donnerait. Il préféra expliquer la raison de son irruption. Virginie, la sœur de Philippe, souhaitait profiter du calme de la maison quelques jours. Elle avait téléphoné à ses parents pour qu’ils viennent la chercher à la gare la plus proche. Dans l’impossibilité de le faire, ils avaient appelé Bernard. Il avait accepté volontiers de leur rendre ce service. Avant de prendre la route, il était donc venu demander au frère de lui tenir compagnie pendant la bonne heure nécessaire pour rejoindre la gare. — Ton ami nous accompagne, ce s’ra l’occasion d’négocier mon silence. Bernard laissa Philippe prendre le volant, tandis qu’il s’installait à l’arrière au côté de Cyrille. La vieille CX était confortable pour une antiquité. Le fermier entama la discussion par des banalités. Cyrille n’en menait pas large, tout comme Philippe, mais lui conduisait, sans subir le regard concupiscant du propriétaire de la voiture. — Alors comme ça, t’aimes les queues ? Et pas qu’un peu ! Cyrille avoua devant l’évidence. Il voyait déjà arriver le moment où il entamerait les négociations, accroupi entre les jambes du vieil homme. Il devait s’assurer toutefois qu’une telle offre ne l’irriterait pas ; s’il était un de ces vieux paysans au conservatisme ...
... chevillé au corps, il ne ferait qu’aggraver son cas. — Et toi, Philippe ? — Moins. Je préfère être actif. Mais pour faire plaisir à Cyrille, ça m’arrive de lui rendre la politesse. — Ça fait longtemps qu’tu t’fais emmancher ? — Trois ou quatre ans, Monsieur. — Ça fait combien d’temps qu’vous fricotez tous les deux ? — Pareil… C’est uniquement depuis cet été que j’ai eu des rapports avec d’autres. Mais toujours en compagnie de Philippe. — T’es pas jaloux qu’ton copain s’fasse enfiler ? — Ben, il est très demandeur ! Je ne parviendrais jamais à le satisfaire seul, répondit Philippe qui entrevoyait comment acheter le silence du fermier. Cyrille regarda dans le rétroviseur ; il y croisa le regard de son ami. Il y avait dans cet échange un accord tacite pour que le nécessaire soit fait auprès de Bernard. Le garçon se tourna vers l’homme à sa droite ; il se fit aguicheur, sans forcer le trait, juste pour tester la réaction de son interlocuteur dont le visage resta neutre, comme s’il pesait le pour et le contre. — Quand tu sortiras du village, prends la direction de St-Jean-Bourg-Le long, annonça le paysan qui semblait avoir une idée en tête. La route principale partait sur la gauche mais Philippe suivit les indications de Bernard. Les deux garçons se souvinrent de la sortie en voiture avec Éricka et Verena. Cyrille se prit à rêver d’un traitement semblable à celui qui fut le sien ce jour-là. Hélas, ils se devaient d’être à l’heure à la gare. La ...