1. Les doutes légitimes (2)


    Datte: 14/10/2022, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    ... mal aux reins » n’existe pas ! Daniel dort ses nuits comme un loir alors que chacun des mouvements que je fais me tire des gémissements de douleur. Ces mois de grossesse n’auront été pour moi, qu’une envie permanente. Comme si le fait d’être en pelote contribuait à me faire aimer plus encore le sexe.
    
    Alors bien sûr que mon bonhomme est heureux et pas seulement de la naissance imminente, mais également pour cet excès d’envie. Il n’a jamais dit non, s’est tout le temps attaché à me donner ce que je réclamais le plus. Si certaines femmes ont des envies de fraises, de fruits ou de je ne sais quoi, ça n’a pas été mon cas. C’est uniquement de sa queue que j’ai besoin et quand je dis « besoin », le mot n’est pas assez fort. Comment expliquer cet immense désir permanent ? Une fontaine coulant perpétuellement. À tel point que j’ai vécu ces derniers mois, sans seulement mettre une culotte.
    
    Nous avons fait l’amour partout tout le temps et encore ce matin, avant qu’il ne parte pour son travail, il a dû s’y atteler. Il ne dit rien, mais je sais, je sens qu’il est crevé et que ça ne l’amuse plus du tout. Mais tant qu’il bande, j’en réclame et sans arrêt, je lui tripote le sexe pour le garder en forme. Et c’est comme ça depuis… que mon corps s’est arrondi. Je comprends donc que la plupart du temps, nous bâclions les attouchements. C’est du dur, du costaud que je quémande et pas des préliminaires qui me rendent par trop impatiente.
    
    À la rigueur une petite pipe. Elle reste le seul ...
    ... caprice admis par mon cerveau. Une entorse nécessaire pour que le « popol » de Daniel soit en mode « tendu et opérationnel ». Édith dort à la maison depuis quelques jours, pour que je ne sois pas seule lors du dénouement. Une idée de son frère, prise de manière collégiale. Et comme elle fricote toujours avec son danseur blond du treize juillet, il passe aussi du temps à la maison. Ils doivent percevoir les craquements de notre sommier lorsque… je ne vais pas faire de dessins. De toute façon, eux aussi couchent ensemble, dans la chambre d’ami.
    
    Alors j’imagine que leurs nuits sont aussi agitées. Rien que de très normal après tout. On se fiche de la morale. Je suis bien mal placée pour en parler du reste. L’histoire « Alain » est toujours là, gravée dans un coin de mon cerveau, mais elle me perturbe moins que l’accouchement qui se profile à l’horizon. La seule chose que je crains, c’est que les traits de ce bébé à venir ressemblent à s’y méprendre au visage de « ma faute ». J’ai lu des tas de trucs là-dessus. Mais je n’ai rien trouvé de probant. C’est juste une peur latente, un pressentiment.
    
    Je me débats donc avec ces petites choses du quotidien qui deviennent pénibles. Pas par ce qu’elles représentent, mais vraiment parce que cette avancée ventrale incongrue me dessert dans chacun de mes gestes habituels. Il y a aussi le fait que j’imagine ce qui vit en moi, comme une petite bête dévoreuse et que plus ça va, plus je suis hantée par les dégâts que la « chose » peut faire à ...
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