1. Il ne faut jurer de rien.


    Datte: 13/10/2022, Catégories: fh, extracon, caférestau, amour, mélo, rupture, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... gober cette fable, trouve mieux. Si je n’étais pas intervenu, tu serais maintenant à l’hôtel avec lui.
    — Mais non, c’est la vérité.
    
    Je sors et lui lance :
    
    — Adieu.
    
    Ne voulant pas attendre l’ascenseur devant elle, je descends quatre à quatre l’escalier. Je l’entends crier :
    
    — François, François, ne pars pas. Je t’ai dit la vérité. Ne me quitte pas.
    — …
    — François, non, reviens.
    
    Et dans un sanglot :
    
    — C’est trop bête. Non !
    
    Ce soir, je dors à l’hôtel, demain j’aviserai. Je reviendrai chercher mes affaires quand elle ne sera pas là, j’en ai assez de tous ses mensonges.
    
    Trop bon, trop con. J’aurais dû comprendre l’an dernier, ça nous aurait évité cette scène digne d’un vaudeville.
    
    ---oOo---
    
    Me voilà seule dans notre appartement, trop grand pour moi. Comment François pourrait-il me pardonner, il n’y a rien à pardonner. Les apparences sont trompeuses, mais s’il m’aime comme je l’aime, il me croira.
    
    Où es-tu François ? Je n’ose appeler sa famille, ses amis. Au travail, jamais là, ou en réunion, son assistante a dû recevoir des consignes.
    
    Mon toubib m’a arrêtée, impossible de travailler, de me concentrer. Je l’attends.
    
    Tous les soirs, affalée dans mon fauteuil, je n’ai même pas la force de regarder la télé. J’attends un verre à la main. Je me couche tard, de plus en plus tard. Parfois je me réveille au petit matin, mal partout, le verre à mes pieds sur le tapis.
    
    Trois semaines à traîner. Aucune réponse à mes messages. Il faut que je me ...
    ... ressaisisse. D’abord retourner travailler, après je le retrouverais, cette fois il m’écoutera.
    
    Comment en sommes-nous arrivés là ?
    
    François m’avait pardonné, je pouvais espérer que le passé était oublié.
    
    Nous étions heureux. Pourtant, l’an dernier… Comment ai-je pu ?
    
    Cette foutue soirée !
    
    Ma collègue Patricia a voulu fêter son récent mariage et nous présenter l’heureux élu. À 17 heures, fini de bosser, nous avons rapproché nos bureaux pour faire une grande table, disposer verres et bouteilles pour célébrer, comme il se doit, les jeunes mariés.
    
    Ils étaient mignons tous les deux, lui un peu intimité, ne connaissant personne. Nous nous étions cotisés pour leur offrir un beau cadeau, plus quelques blagues de potaches, comme toujours dans ces circonstances.
    
    Tout le service était là, une bonne trentaine tout de même, plus deux fournisseurs qui se trouvaient là. Quand il y en a pour 30, il y en a pour 32.
    
    Je connaissais Xavier. Enfin comme on connaît un commercial qui passe remplir son carnet de commandes une fois par an. Il s’est approché de moi pour trinquer et tout naturellement nous avons engagé la discussion, le boulot, nos boîtes, nos familles. Habitant Reims, il vient tous les mois à Paris visiter ses clients. Il a une petite fille d’à peine un an, charmant, il m’a montré sa photo, encore un papa gâteux. Je lui ai fait quelques confidences sur notre projet d’agrandir la famille.
    
    Je pensais rentrer rapidement pour que mon chéri ne se fasse pas de ...
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