-
Police polissonne (73)
Datte: 29/09/2022, Catégories: Divers, Auteur: Pikatchu, Source: Xstory
... Mais c’est si grave que ça ? Demande Fanny, — Oui, elle est entre la vie et la mort, j’attends que l’hôpital me rappelle ; je sais qu’ils doivent la passer au bloc ? — Il faut garder espoir, elle est forte et c’est une battante, et peut-être que ce n’est pas si grave ; même si ça saignait beaucoup. Mais rien n’y fait et tous sont pennés, la pièce est tout à coup plongée dans un silence de mort, personne ne dit plus rien, sauf Julien qui suggère : — Bon, je pense qu’on n’a plus qu’à aller se coucher, rester là à attendre n’avancera à rien, et demain, il faut allez bosser, Marc, on te laisse, ça va aller ? — Oui, partez, je vais me coucher aussi. Il laisse Marc seul, et la mort dans l’âme, ils rentrent chez eux. Mais la nuit est longue chez les jumelles comme chez Nathalie et Julien, les quelques caresses qu’ils se font n’arrivent pas à tromper l’inquiétude. Alors que faire ? Ils tournent en rond et échangent quelques banalités, mais rien n’y fait. Plus le temps passe et plus l’inquiétude de voir disparaître leur amie grandit, avec le téléphone qui est resté muet toute la nuit et le jour qui se lève ; l’angoisse est devenue pesante. Le petit réveil en plastique blanc, posé sur le meuble télé égraine les secondes qui paraissent durer des heures, le tic-tac résonne comme dans une cathédrale et le son devient stressant ; tous attendent... Quand la sonnerie du téléphone de Marc sonne, tous sursautent : Julien serre les poings, Nathalie lui attrape l’avant-bras ...
... et lui serre si fort que ses ongles s’impriment dans la peau du jeune homme. Quant aux jumelles, elles se tiennent par les mains, leurs bouts de doigts blanchissent sous la pression des mains contractées. Marc attrape l’appareil. — C’est un numéro masqué ! dit-il en décrochant. — Allô, dit une voix féminine. — Oui, bonjour ? — Je suis Émilie, l’infirmière qui a pris Sonia Wolsky en charge. — Oui, vous avez des nouvelles ? demande-t-il d’une voix fébrile alors que tous sont suspendus aux paroles qui s’échangent. — Oui, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne est que nous avons réussi à la récupérer de justesse, mais elle est vivante et autonome, son cœur est reparti et elle respire normalement. — Et la mauvaise ? Interroge Julien. — C’est qu’elle s’est pris une balle dans l’articulation de l’épaule qui a fait beaucoup de dégâts, nous n’avons jamais vu une telle catastrophe ; c’est à croire qu’on lui a tiré dessus au canon. Si on n’arrive pas à lui poser un implant, nous serons obligés de l’amputer ; je ne vous cache pas que nous sommes très inquiets. Sa veine et son artère pulmonaire ont été sectionnées et elle a perdu énormément de sang et nous avons failli la perdre. L’opération à venir est compliquée et risquée. Un professeur est parti de Paris en avion sanitaire avec ce qu’il faut. Voilà, je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, il faut attendre demain ou après-demain ; je vous tiendrai au courant et je vous en dirais plus... — ...