1. Vendredi coquin (1)


    Datte: 31/08/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Estelle88, Source: Xstory

    On était vendredi et, comme tous les vendredis, elle se rendait chez Lui. Lui, son collègue d’histoire, son « amant » puisqu’il fallait bien parler ainsi. Après des années d’une vie confortable à attendre patiemment que son gendarme ne rentre du travail, après des années où la fougue et l’insouciance des débuts avaient laissé place à un quotidien rassurant, mais sclérosant, elle avait trompé son ennui par la tromperie, en se jetant dans ses bras à Lui qui la fascinait tant.
    
    Lorsqu’elle pressa le bouton de l’interphone ce jour-là, elle se projeta quelques heures plus tard, lorsque le plaisir serait consommé, lorsqu’il lui faudrait repartir, le cœur lourd, vers sa vie à Elle, après ces quelques heures de légèreté. Le portail s’ouvrit immédiatement. Il l’attendait. Lui aussi, sans doute, se réjouissait par avance de ces quelques heures à venir, de cette parenthèse charnelle, de cette connexion si intense. Elle avait surgi dans sa vie, à pas feutrés d’abord, tout en douceur. Alors, peu à peu, il s’était attaché à Elle. Elle lui rappelait une période oubliée, une jeunesse lointaine et étouffée. Il l’avait séduite sans trop y croire, comme par réflexe, touché par sa fragilité, revigoré par son enthousiasme, déstabilisé par son esprit vif. Elle s’était laissée faire, trop heureuse, comme Lui, de se sentir vivre à nouveau, dût-il s’agir d’un mirage.
    
    Comme toujours, c’est légèrement fébrile qu’Elle descendit de sa voiture, après quelques minutes à ralentir sa respiration, à ...
    ... chasser les doutes et la culpabilité. Elle frappa, n’osant pas entrer directement, maintenant ainsi une sorte de distance malgré l’intimité à venir. Il ne pouvait pourtant ne s’agir que d’Elle. Il ouvrit, balbutia des paroles convenues dont la maladresse contrastait avec l’assurance de son regard vif. Elle remarqua, comme toujours, la photo dans l’entrée : celle d’un couple heureux et complice, cliché d’éternité entre deux abîmes. Sa vie d’avant à Lui, d’avant « le drame d’avril » comme Il disait souvent. Est-ce cela aussi qui la fascinait tant chez Lui ? Ce mélange indéfinissable d’Eros et de Thanatos, cette façon d’être au monde de celui qui a trop supporté ?
    
    Il l’entraîna d’abord dans le salon : Il la respectait trop pour se jeter sur Elle comme un affamé. Et puis, Il avait mûri. La fougue de la trentaine était loin maintenant. Désormais, Il préférait prendre son temps, butiner l’instant présent, sans précipitation, étirer au plus longtemps les moments où Il se sentait heureux.
    
    Elle aimait ces moments où ils parlaient de tout et de rien, des menus tracas du quotidien, du concours qu’Elle présenterait bientôt. Petit à petit, presque subrepticement, Il osait une caresse, mine de rien. Mine de rien également, Elle continuait à bavarder, parfaitement calme en apparence, mais électrisée par son contact. Soudain, au milieu d’une phrase qu’Elle ne terminerait jamais, Il l’embrassait, passant une main dans ses cheveux, laissant l’autre aller sous son t-shirt et tâter avidement ...
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