1. Mais que diable allait-il donc faire dans cette galère ?


    Datte: 31/08/2022, Catégories: fh, fépilée, bizarre, fantastiq, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... la bite à l’air et en tension. Elle avait réussi à installer une ambiance où en femme mâle, elle me faisait l’amour. Pour la première fois, une femme m’avait fait jouir, même si ce n’était que par l’intermédiaire de ma main.
    
    Nos échanges se multiplièrent jusqu’à devenir quotidien, évoluant vers des jeux érotiques complexes. Shirley, souvent, dans ces scénarios, endossait le rôle de la virilité. Un partenaire très imaginatif comme j’en rêvais. Depuis ma rupture l’automne précédent avec mon curé, j’avais vécu deux ou trois « aventures », pour le moins décevantes, basées uniquement sur la baise primale.
    
    Cette relation m’apportait plus de satisfactions, mais aussi beaucoup de frustration. Malgré son goût affiché pour me sodomiser, je ne parvenais pas à oublier que la nature ne l’avait pas dotée de cet élément d’une quinzaine de centimètres minimum, essentiel à mon plaisir. Derrière mon écran, quand ses mots me portaient, je pouvais l’imaginer comme une espèce de trans pourvue d’un membre qui réjouirait ma main et ma bouche. Tout alla pour le mieux pendant trois semaines. Jusqu’à hier soir…
    
    Comme d’habitude, nous engageâmes immédiatement le fer pour une de nos joutes faites d’allusions et d’insinuations, mais elle rompit brutalement le charme :
    
    — J’ai envie de toi. Je veux ton corps contre le mien, sentir ton membre durcir dans ma main.
    
    Je ne pris pas immédiatement conscience du changement de tonalité et répliquai :
    
    — Hum, ta cabine Apollo en or… bite ...
    ... entre mes deux lunes.
    
    Elle me mit le point sur les i et un grand coup dans l’estomac.
    
    — Je ne métaphorise pas, mon bel Oscar. Nul homme ne m’a prise dans ses bras depuis des mois. J’ai besoin de ta présence physique, concrète. Je veux te voir, te toucher… dans la vraie vie.
    
    Et c’est là, comme l’a dit avant moi l’inspecteur principal Alexandre-Benoit Bérurier, que les Athéniens s’atteignirent, les Perses se percèrent et les Suisses se suicidèrent. Elle voulait que nous nous rencontrions.
    
    J’en restai muet du clavier. La seule relation sensuelle que j’avais eue avec une femme, mon amie Marjo, n’avait guère été concluante… et elle était canon ! Mon silence fut très parlant.
    
    — Je comprends ton désarroi, tapa-t-elle. Je ne te demande pas de te comporter comme un mâle. Je crois que tu as apprécié nos jeux. Les transcrire dans la vraie vie, cela te paraît-il impossible ? Me tenir dans tes bras, me lécher la chatte et sucer mon clito te dégoûterait-il ?
    
    Sur la tête de ma mère (qu’elle repose en paix, bien qu’elle m’ait maudit sur son lit de mort), elle a réellement écrit ça : chatte, clito. Estomaqué, j’étais. Lors de nos ébats, les situations que nous évoquions, si elles étaient coquines, voire plus hard, usaient d’un vocabulaire poétique, floral (bourgeon, corolle, rose), fruitier (pamplemousse, noisette, banane), voire chanson de geste (fier étendard, baguette magique ou pieu chevalier). Jamais, au grand jamais, nous n’utilisions des vocables d’une crudité aussi ...
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