1. La liste de Noël (6)


    Datte: 31/08/2022, Catégories: Trash, Auteur: Victor_lepieux, Source: Xstory

    ... que je suis pardonnée ? »
    
    Des regards vénéneux se posèrent sur moi, et j’eus conscience que j’outrepassais mes droits, car en tant que blanche... je n’avais pas le droit à la parole dans un atelier anticolonial et normalement interdit aux non-racisés. Ibrahim me regarda avec mépris et ajouta :
    
    « C’est toujours comme ça, avec les blanches, à essayer de profiter du système en cherchant les failles. S’il y a égalités, elles pensent que cela doit jouer en leur avantage... Mais je propose que nous ne nous laissions plus faire, il est évident qu’elle n’est pas pardonnée. Que quelqu’un rajoute une boule blanche et...
    
    — ATTENDEZ ! »
    
    C’était moi qui criais. Tant pis si je passais pour une blanche de la caste dominante, je ne pouvais pas le laisser poursuivre dans cette voie. Il fallait que je trouve un moyen pour qu’une personne au moins change d’avis et rajoute une boule noire.
    
    « Si quelqu’un met une boule noire dans la boîte, je... »
    
    Je voyais les regards se tourner vers moi, je cherchais une idée, vite. Que pouvais-je faire de plus que ce je leur avais proposé dans la petite pièce ? Je me rappelais alors la journée d’hier, quand les néonazis m’avaient tatoué leur fichue croix gammée sur la cheville. Je repris l’idée :
    
    « Si quelqu’un met une boule noire, je porterais le tatouage de son choix sur ma peau, et je jure de ne jamais l’enlever ! »
    
    Je provoquais une agitation, des murmures et des rires agitaient la salle. Mais pour l’instant, personne ne ...
    ... bougeait, c’est alors que je vis Ibrahim porter la main au bol des boules noires... Oh non ! Pas lui ! Si c’était un inconnu, il aurait sans doute voulu que je porte son nom gravé sur la peau, mais Ibrahim était un sadique, avec un tas d’idées perverses en tête.
    
    Il posa une boule noire dedans et déclara : « Eh bien, il semble que la pute blanche est pardonnée... elle va donc porter mon tatouage favori... »
    
    Dix minutes plus tard, un grand noir entra dans la salle, il avait un équipement de tatoueur.
    
    « Alors, où est-ce que je la tatoue ? demanda-t-il.
    
    — Vous allez tatouer sa cheville droite. »
    
    Tout le temps où le tatoueur œuvrait, Ibrahim et une petite foule regardaient le spectacle en se moquant de moi : « Je suis sûr que tes amis nazis vont apprécier voir ça... » ces railleries ne me rassuraient pas... Mais je ne pus voir le tatouage qu’une fois achevé ; il s’agissait d’un « queen of spade » un as de pique avec un Q au milieu. Je ne pus m’empêcher de trembler en le voyant, car je connaissais la signification de ce symbole : j’étais devenue une pute à black. C’était comme crier haut et fort en publique que ma chatoune avait étaient fourré au sperme chocolaté, que j’avais avalé de la bite colorée, et tout le monde pourrait le savoir. Ibrahim en rajouta :
    
    « Savoir que leur copine facho se fait baiser par des indigènes... ça ne va pas leur plaire, hein ? »
    
    Il avait raison, quand je retournerai en prison, je préférais ne pas imaginer de quelle manière la fraternité ...