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Un soir d'orage
Datte: 29/08/2022, Catégories: sf, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... je couche avec un homme, je m’en souviens, d’habitude. — Vous voyez que vous n’êtes plus aussi catégorique ! — xxxXXxxx — Les jours qui avaient suivi cette visite médicale, je n’arrêtais pas de pleurer. Mes nausées restaient aussi nombreuses et n’arrangeaient en rien mon état d’âme. Je me résolvais au bout de quinze jours à demander une contre-visite à ma gynéco. Celle-ci avec un large sourire confirmait le diagnostic de son confrère. Comment lui expliquer que je n’avais rien fait pour que cela puisse arriver ? De toute manière, cette Sofia « machin chose » s’en tamponnait de mon problème. Pour elle comme pour Beaulieu, il fallait une bite, du sperme et que tout cela se mélangeât dans une femme pour engendrer la vie. Je n’envisageais même pas les réactions de ma famille, celles de mes amis. Quant à celles de Léa, ma meilleure amie, j’entendais déjà ses commentaires… — « Ne me raconte pas que tu ne sais pas qui t’a engrossé ? Tu es une fieffée cachottière. À ta meilleure copine tu n’as jamais dit avec qui tu passais tes nuits ! Pire tu m’as menti tout le temps en prétendant que tu ne t’envoyais pas en l’air depuis des mois… » Sûr qu’elle ne voudrait rien entendre de mes explications. Dire que la vérité ne serait pas bonne à citer devenait un euphémisme. C’était en lisant une revue que tout bêtement, j’étais tombée sur un cas similaire au mien. Quelque part dans une région voisine, une jeune femme avait attenté à ses jours, défrayant la chronique en jurant les « ...
... Grands Dieux » qu’elle n’avait jamais couché avec un homme et que pourtant, sans explication, elle était enceinte. Ses amis, sa famille, tous la montraient du doigt et elle n’avait plus supporté cette mise à l’index. En tremblant, j’avais appelé le journal pour savoir dans quel hôpital cette femme avait été admise. Après de longs palabres, une âme charitable dans les bureaux du quotidien avait fini par craquer et j’avais eu la précieuse information. C’était sans dire un mot de mon état à quiconque que j’avais décidé d’entreprendre le voyage pour rencontrer cette femme nommée, d’après le journal, « Mona ». Léa, apprenant que je voulais partir voir une malade décida de m’accompagner et pas question pour moi de chercher à la dissuader de venir aussi. Un trajet de quelque trois cents kilomètres nous avait menées vers cette Mona qui nous regardait comme deux curiosités. Elle se demandait pourquoi deux inconnues débarquaient dans la piaule où les médecins la couvaient comme le lait sur le feu. — Bonjour ! Je m’appelle Jade et voici mon amie Léa. — Oui ? Bonjour, mais on se connaît ? Il ne me semble pas. — Non ! J’ai lu votre histoire dans le journal, et j’ai eu très envie de venir vous voir. — Ah ! C’est donc si beau à voir une folle ? Parce que pour tous ici… enfin tout le monde se plaît à dire que je suis folle à lier. Rendez-vous compte, une cinglée qui se fait engrosser sans seulement savoir de qui. Imaginez un peu, une tarée qui hurle que personne ne lui est passé ...