1. Le cygne noir (1)


    Datte: 12/08/2022, Catégories: Trash, Auteur: Dante67, Source: Xstory

    ... bureau. Svetlana la regarda et ressentit de la colère. Cette petite dépassait les limites.
    
    — Écoutez, Odile, nous sommes parties du mauvais pied, mais je ne vous permets pas de...
    
    — Non, c’est toi qui vas écouter.
    
    Svetlana était sciée.
    
    — Tu as fait l’erreur de ta vie. Assieds-toi.
    
    — ...
    
    — Tu es sûrement une femme intelligente, et je le suis aussi, alors accordons-nous sur la situation présente pour que la suite soit claire : tu es une femme sérieuse, chiante, avec un balai dans le cul, qui sacrifie tout pour sa carrière et qui peine à se faire respecter à cause de sa beauté, j’ai saisi. Je suis une fille extravertie, belle et sexy, je suis riche et tu es l’une des centaines d’employés de mon père. Ce que tu ignores, c’est que je suis sa fille unique et que mon père est veuf. En tant que femmes intelligentes, nous comprenons toutes les deux à quel point je suis importante dans sa vie.
    
    — ...
    
    — Maintenant, supposons que je l’appelle, là maintenant, pour lui dire que je viens de me faire traiter de pute par ma responsable lors de mon premier jour. Crois-tu qu’il me sermonnera pour m’être habillée avec un décolleté, ou crois-tu qu’il aura une discussion avec ton N+3 ?
    
    — ...
    
    — Encore une fois, nous sommes toutes les deux réalistes : tu ne te feras bien sûr pas virer, à moins que j’en rajoute des tonnes, ce qui reste possible en te grillant en plus dans tous les cabinets de la place, mais il est probable que ta carrière soit stoppée et que tes boss ...
    ... te laissent crever à petit feu en te mettant au placard pour le reste de ta vie. Te griller auprès des autres cabinets ne serait utile que s’il te venait l’idée de démissionner et d’aller voir ailleurs.
    
    Svetlana avait envie de hurler, de pleurer, de disparaître.
    
    — Ou alors... nous pouvons parler de vêtements.
    
    — ...
    
    — Tu m’entends ?
    
    — Comment ça, parler de vêtements ?
    
    Odile se redressa sur son fauteuil et bomba le torse, victorieuse. Elle tira légèrement sur son décolleté, laissant entrevoir un soutien-gorge en dentelle noir.
    
    — Comment me trouves-tu habillée ?
    
    — Très bien.
    
    — Vraiment ? Ce n’est pas too much ?
    
    — Non, c’est parfait.
    
    — Et ma jupe...
    
    Elle fit rouler son fauteuil un peu plus loin et souleva légèrement sa jupe, laissant entrevoir ce que Svetlana supposait : un porte-jarretelles et des bas.
    
    — Elle n’est pas trop sexy, ma jupe ?
    
    — Non, elle est très jolie.
    
    — Je vois. Et toi ?
    
    — Quoi moi ?
    
    — Comment te trouves-tu habillée ?
    
    — Je... je crois, bien, aussi... plus conventionnelle.
    
    — Tu ressembles à un sac poubelle.
    
    — ...
    
    — Dis-le.
    
    Svetlana était anéantie. Elle se tenait la tête dans ses mains, son cœur battait la chamade et elle avait la nausée sous l’émotion. Elle ne savait pas quoi faire ni où cette conversation l’emmenait. Elle se détachait d’elle-même petit à petit... comme une anesthésie progressive qui se répand par le sang dans tous les organes. Tout semble irréel... c’est un petit peu comme flotter ...
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