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Le cygne noir (1)
Datte: 12/08/2022, Catégories: Trash, Auteur: Dante67, Source: Xstory
... une respiration et un sourire de convenance avant d’arriver en réunion. "Décidément, cette gamine commence très mal !" La réunion suivait son cours normal. Le directeur du cabinet parisien était présent en personne et rendait des comptes au grand ponte gérant majoritaire qui ne se montrait que de rares fois, et toujours en visioconférence. Alors que le débat touchait à sa fin, Svetlana commença à réunir ses papiers. Odile avait attendu bien sagement derrière elle pendant la réunion, et elles ne s’étaient pas échangé un seul regard depuis l’épisode de l’ascenseur. Le directeur du cabinet était en train de conclure : — Tout est parfait. Je vous remercie pour le temps que vous nous avez accordé, monsieur von Rothbart. Excellente journée. Svetlana se figea dans son geste. Le nom l’interpellait... — C’est moi qui vous remercie, et merci également d’avoir accueilli ma fille dans votre cabinet. Je suis certain qu’elle apprendra des meilleurs. Bonne journée. — Sans aucun doute. Bonne journée, Monsieur. Le sang de Svetlana ne fit qu’un tour. Elle eut un vertige et un voile noir lui cacha la vue l’espace d’un instant. Elle déglutit difficilement. Odile von Rothbart... comme Klaus von Rothbart. Sa stagiaire était la fille du numéro 1 de sa boîte. Et elle venait de la réprimer vertement en lui suggérant de ne pas s’habiller comme une fille facile lors de son premier jour. Sa main tremblait légèrement. Elle tenta de se ressaisir tant bien que mal. Elle ramassa ...
... ses affaires sans en laisser paraître davantage, évitant toujours du regard Odile et repartit la première de la salle de réunion, supposant que sa stagiaire la suivrait. Dans l’ascenseur, elles étaient côte à côte. La descente était rude pour Svetlana. — Donc... votre père... — Oui. Svetlana était vaincue avant même d’arriver sur le champ de bataille. Elle ne savait pas quoi faire ou quoi dire, sachant que toute tentative serait pitoyable. Elle essaya néanmoins de garder une contenance et tenta sa chance avec sa voix la plus assurée et autoritaire possible : — Je vous propose d’en rester là ; oublions l’épisode de tout à l’heure. J’ai été un peu rude avec vous. Comprenez que c’est un milieu difficile pour les femmes. — Au contraire, je pense que nous devrions poursuivre la discussion. Et encore une fois, au contraire, je pense que c’est un milieu facile pour les femmes. Svetlana la regarda d’un air inquiet. Odile ne souriait plus de son sourire maîtrisé qu’elle arborait pour la forme dans son bureau. Elle semblait grave. — Comment ça ? — Nous poursuivrons cette conversation dans le bureau. Cette dernière phrase avait scotché Svetlana. En quelques instants, les rôles s’étaient inversés. Elle se surprit à craindre l’entretien qu’elle allait avoir avec sa stagiaire. D’un pas mal assuré, elles rejoignirent leur bureau. Au moment où Svetlana allait ouvrir la porte, Odile se faufila devant elle, ouvrit la porte et prit la direction du fauteuil de ...