1. L'amnésique (adoucit les mœurs) (5)


    Datte: 30/07/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Louist, Source: Xstory

    À peine une demi-heure plus tard, c’est au volant d’un sublime cabriolet Bentley que ma belle inconnue m’emmène. À peine la grille de l’hôpital psychiatrique franchie, celle-ci s’adresse à moi. Elle parle à voix basse, comme si elle craignait d’être entendue.
    
    — Autant vous le dire tout de suite, Monsieur, vous n’êtes pas mon mari. Je vous assure sincèrement que j’ai cru le reconnaître lorsque j’ai aperçu votre portait à la télévision, mais vous n’êtes pas lui.
    
    — Ah ? Et dans ce cas, pourquoi avez-vous prétendu le contraire ?
    
    — Parce que votre physique fait peut-être de vous un homme providentiel. Cela fait bientôt dix ans que mon mari a disparu, et si vous acceptez de vous faire passer pour lui, je vous devrai une fière chandelle. Et vous n’aurez pas affaire à une ingrate.
    
    Que veut-elle dire, cette chère Marie-Charlotte ? Qu’a-t-elle à m’offrir : son cul, ou son pognon ? Parce que, quitte à paraître prétentieux, je sais exactement comment me procurer l’un et l’autre.
    
    — Et c’est légal, votre truc ?
    
    — Ce n’est pas aussi simple que cela. Attendez que nous soyons arrivés, je vous donnerai tous les détails et, à ce moment, vous prendrez votre décision.
    
    — Et pourquoi pas tout de suite ?
    
    — Parce que c’est long, compliqué et délicat. Et que je m’en voudrais de tout foutre en l’air en commettant une erreur.
    
    Vu sous cet angle, je ne vois pas bien ce que je pourrais trouver à redire. Par contre, je remarque le soudain changement de son registre de langage. Je ...
    ... me risque :
    
    — Je m’en voudrais de vous offenser, mais il me semble que nous n’ayez pas toujours été une grande dame...
    
    À ma grande surprise, elle sourit.
    
    — En effet, nous sommes issus du même monde.
    
    — En êtes-vous bien certaine ? Je vous rappelle que moi-même, je n’en sais rien.
    
    — Quasiment... Dans les temps reculés où je ne portais pas de vison, l’existence s’est chargée de m’apprendre à juger un homme du premier coup d’œil et, croyez-moi, je fais rarement fausse route.
    
    Je ne saurais expliquer pourquoi, mais j’ai bien envie de la croire.
    
    — Et Montrant ?
    
    — Une vieille connaissance, hélas, qui remonte d’ailleurs à cette époque. Et d’ailleurs, quand on parle du loup...
    
    Elle me fait discrètement signe de regarder dans le rétroviseur.
    
    — ... il me semble que nous ayons de la compagnie.
    
    La petite route que nous empruntons depuis quelques kilomètres est sinueuse à souhait, mais malgré tout, il m’est effectivement facile de repérer le véhicule en question, une Twingo blanche.
    
    — Qui est-ce ?
    
    — Je ne sais pas, mais cela ressemble fort à du Montrant. Nous allons nous en assurer.
    
    — Ah ? Et vous comptez faire quoi ?
    
    — Oh, c’est très simple... Nous allons nous arrêter, et vous allez me baiser dans la voiture.
    
    Si tous les hommes politiques de tous bords cessaient soudain de raconter des conneries, j’en serais moins surpris.
    
    — Pardon ?
    
    — Vous m’avez très bien compris... Je suis votre femme, vous êtes mon mari, cela fait dix ans que nous ...
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