1. Nana (7)


    Datte: 19/07/2022, Catégories: Erotique, Auteur: X. Lamy, Source: Xstory

    ... temps et on s’entend toutes bien avec le personnel. Donc vaudrait mieux éviter...”
    
    — “C’est noté, tu fais bien de me le dire.”
    
    Nous entrons, une femme tenant la caisse nous adresse un “Bonjour !” jovial et interpelle Anaïs par son prénom. Elles se font la bise, échangent quelques banalités. Je me tiens à leurs côtés et me présente rapidement lorsque le moment est venu. La femme, qui s‘avère être la gérante de la librairie, est affable et commerciale. J’allais m’éloigner pour aller flâner entre les rayons lorsqu’elle dit à Anaïs :
    
    — “C’est mignon d’être venue avec ton petit ami ! En tout cas, si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à me demander, je suis là !”
    
    Et ni Anaïs ni moi n’avons le temps de lui répondre, elle part dans la hâte s’occuper d’autres clients. Je vois sur le visage d’Anaïs le rouge de la gêne se mélanger à un petit sourire, je ressens à peu près la même chose actuellement. Nous nous séparons pour errer chacun de notre côté entre les premières et quatrièmes de couverture. On divague pendant presque une heure, en nous croisant, en nous décroisant, le regard complice, avant qu’Anaïs se retrouve à hésiter entre deux ouvrages.
    
    — “J’hésite vraiment... D’un côté, je n’ai jamais lu Bataille et j’en entends que du bien, de l’autre, ça fait un moment que j’ai envie de creuser Neruda...”
    
    — “Hmm... De un, c’est trop cruel de devoir choisir entre les deux, donc tu peux prendre les deux. Et de deux, ils méritent chacun ton attention...”
    
    — ...
    ... “Pourquoi t’es gentil comme ça ?”
    
    — “Psst. C’est que le début de la journée en plus. Allez viens, on passe à la caisse.”
    
    La gérante nous fait une espèce de sourire entendu, je paye les bouquins et pars avec Anaïs tout en entretenant cordialement le malentendu. Une fois éloignés de la librairie, Anaïs m’embrasse longuement la joue, laissant une belle et badine trace de son méfait au rouge à lèvres.
    
    — “Ça te dirait de faire du shopping au lieu de me taguer la joue ?”
    
    — “Si j’ai pu prendre les deux livres là aussi, je peux faire les deux, non ?”
    
    — “Hm, le côté négociateur d’Adèle déteint sur toi...”
    
    On se dirige alors vers un quartier en centre-ville, plus commerçant. Mais entre les magasins fermés, les stocks vides ou peu renouvelés et le manque de chance, rien n’attire vraiment l’œil de Nana. Il faut dire aussi que contrairement à ce que sa garde-robe laisse penser, elle est assez difficile dans le choix des vêtements. J’en profite pour faire une nouvelle proposition :
    
    — “C’est un peu la misère aujourd’hui... Mais je connais un autre magasin dans le coin, on peut y passer si tu veux.”
    
    — “Un magasin de vêtements ? Quelle enseigne ?”
    
    — “Entre autres, oui. Ils vendent plusieurs marques.”
    
    Je mène la marche, Anaïs est accrochée à mon bras, on pourrait presque dire amoureusement. Elle m’envoie des regards tendres entre deux sourires, me vole un baiser de temps en temps. Je m’autorise parfois un écart en lui pelotant le cul à la dérobée, qui résisterait ...
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