1. Le départ


    Datte: 28/06/2022, Catégories: hplusag, fplusag, telnet, nopéné, nonéro, occasion, Auteur: Hisoka02, Source: Revebebe

    ... caractère quasi journalier au bout de quelques semaines, Jean se mit à oser se livrer un peu plus. Cette première année en université était en effet teintée d’angoisse de par le divorce ayant entraîné moult ennuis familiaux.
    
    Bientôt, Jean se mit à leur parler de sa vie plus intimement, rassuré de la complicité s’étant installée durant les dialogues. Complicité réciproque, Pascal n’ayant pas hésité à rassurer Jean de sa timidité en invoquant son propre passé.
    
    À dix-neuf ans, très timide, Jean avait évoqué son malaise vis-à-vis de son manque d’expérience, son inhabileté à aborder celles de ses condisciples féminins qui ne le laissaient pas indifférent.
    
    Un samedi soir, alors qu’il était en ligne avec Pascal, il se prit même à évoquer très brièvement la seule expérience sexuelle qu’il avait eue jusqu’alors. À la demande de Pascal qui s’était pourtant montré le moins pressant possible, il n’avait répondu qu’un vague : « Ce n’était presque rien, mais ça n’était pas terrible ».
    
    Une brusque secousse sortit Jean de sa rêverie. Rien de bien grave, le train s’étant arrêté et le retard annoncé par le conducteur n’ayant duré que quelques minutes. Une fois ce dernier reparti, Jean se rendit compte de la lumière faiblissante de la journée et consulta sa montre : 21 h 24.
    
    Il se souvint alors qu’il devait rappeler Pascal un quart d’heure avant son arrivée à Colmar… à 21 h 41.
    
    Il se saisit alors de son téléphone.
    
    — Allo ? fit la voix désormais connue de Pascal,
    — ...
    ... Oui, c’est Jean, j’appelle juste pour dire que je devrais arriver à la gare dans environ un quart d’heure.
    — Parfait, nous allons partir, juste le temps de ranger nos sacs et nous arrivons. Nous serons sur le parking, tu reconnaîtras facilement : il n’y aura pas beaucoup d’autres camping-cars à part le nôtre et nous laisserons le moteur tourner et nos phares allumés pour te faciliter la tâche. Ça t’ira ?
    — Oui, oui, je pense que je trouverai, s’entendit répondre Jean. À tout à l’heure.
    — À dans un quart d’heure.
    
    Un seul quart d’heure. Oui, dans une quinzaine de minutes, réalisait Jean, il arrivera à destination. Il se sentit soudain fébrile, stressé. Avait-il définitivement bien fait de se lancer dans ce train ?
    
    Il se remit alors à penser comment cette situation l’avait mené ici, deux semaines auparavant. La conversation s’était amorcée comme à son habitude, racontant la journée, commentant des informations glanées sur internet.
    
    Ève était au clavier et elle avait alors parlé d’un voyage qu’elle et Pascal avaient prévu d’effectuer et qui allait donc les rendre absents pendant une quinzaine de jours, ce dont elle voulait avertir Jean (une méprise étant vite arrivée sur internet). À cette pensée, ce dernier avait alors évoqué une invitation dont une de ses amies lui avait fait part sur le ton de l’anecdote. Cette dernière venait de se faire inviter, elle et sa famille, en Autriche par des amis de ses parents et allait donc y passer tout le reste de ses vacances ...
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