1. Se découvrir (2)


    Datte: 25/06/2022, Catégories: En solitaire, Auteur: Stefi, Source: Hds

    ... métro.
    
    Las, c’était sans compter sur la cliente du magasin. Elle a attrapé mon bras juste au-dessus du coude. « Arrêtez, il n’y a pas de honte à avoir. Je vois votre alliance, c’est normal de pimenter sa vie sexuelle avec son mari ».
    
    Tout est remonté d’un seul coup, je me suis effondrée sur le trottoir, en proie à des larmes qu’il m’avait semblé avoir épuisées.
    
    Et puis il y a la nature humaine. Elle m’avait vu au bord du ridicule, s’était esclaffée de ma naïveté et là, étonnamment, me dit « je m’appelle Claire, je vais appeler les secours ».
    
    « Non, pas la peine, ça va aller, il faut juste que je rejoigne le métro » lui répondis-je entre deux sanglots. J’étais pliée en deux avec mes sacs de courses, hoquetant pour trouver de l’air, les larmes qui coulaient le long de mes joues. Pitoyable !
    
    Loin de s’en laisser compter, Claire, puisque c’était son prénom, m’a relevée, a pris mon sac de courses et a hélé un taxi. Celui-ci, en toute illégalité, s’est pourtant arrêté et nous sommes montées.
    
    A sa question « où », j’ai répondu « place Etienne Pernet »
    
    Mon immeuble donne presque sur la place, près de l’église. Le taxi nous a déposé et, presque remise, j’ai sorti mes clés tendant la main à celle qui m’avait été secourable aujourd’hui.
    
    Visiblement, Claire ne concevait pas les choses ainsi : elle a pris mes clés, a demandé mon étage et m’a fait monter dans l’ascenseur avec mon bardas.
    
    J’avoue avoir lâcher prise. Dans les rares périodes où nous étions réunis, ...
    ... c’était mon mari qui prenait les choses en main au quotidien aussi simplement que quoi préparer pour les repas, quels diners accepter chez nos amis ou encore où aller se balader.
    
    De sentir quelqu’un d’autre prendre le relais m’a encore plus déconcertée. Il fallait que je reprenne l’initiative. Ce que j’ai fait une fois la porte de l’appartement ouverte. J’ai dit à Claire de partir, elle m’a lancé un sourire en coin, m’a laissé passer et est sortie.
    
    Je me suis écroulée sur le canapé, en larmes, tentant de me remémorer l’image de mon mari, son odeur, son corps. Au bout de plusieurs minutes, j’ai rangé les provisions dans le réfrigérateur, sauf le jouet qui était oublié sur une étagère de la cuisine, toute émotion évacuée. Il était 17 heures.
    
    Un bain salutaire me semblait la meilleure option. Je me suis déshabillée pendant que l’eau coulait. C’était une des raisons pour lesquelles j’avais choisi cet appartement : certes ce n’était qu’un deux pièces mais il avait une baignoire.
    
    L’eau coulait, j’attendais avec impatience que la baignoire soit pleine, j’étais nue, vêtue de mon seul peignoir et les souvenirs de ce matin commençaient à affleurer.
    
    Qu’est-ce qui m’arrivait ? Est-ce que dès que je manquais d’occupations je serai assaillie d’envies sexuelles ? Ce n’était pas envisageable, au moins de mon point de vue. Me caresser, je l’admettais mais être prise de ce genre de désir, mon éducation se révoltait. Et pourtant, j’avais été acheté un sex-toy le jour même. Certes, ...