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La vengeance du fantôme (3)
Datte: 03/06/2022, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory
... don comme il venait, sans chercher midi à quatorze heures. Demain serait un autre jour et le présent se suffisait à lui-même. Inutile de se torturer l’esprit avec des trucs impossibles. Prendre ce que l’autre donnait, lui rendre la pareille et le monde tournerait toujours lorsque les sens seraient apaisés. Bientôt, il ne montait plus de la piaule occupée, que des soupirs et des gémissements, dont les origines étaient simples à deviner. Le verbe aimer se conjuguait alors au féminin ! Au petit matin suivant, le dimanche donc, la parenthèse s’était encore prolongée par une remise du couvert avant le petit déjeuner. Puis les deux corps s’étaient drapés dans des robes de chambre qu’Anita gardait pour les grandes occasions. Celle-ci en était indubitablement une ! Après le café, Maryse était rentrée chez elle, consciente qu’elle avait vécu une soirée de rêve. De là à la renouveler de sitôt… il y avait un pas qu’elle ne se serait pas permis de franchir. Par contre, les cernes sous les yeux des deux femmes attestaient bien de la tendresse de la nuit mouvementée qu’elles avaient passée. — xxxXXxxx — L’accordéon jouait un de ces airs qui ramenait immanquablement les images d’une « Édith Piaf » à la voix éraillée. Quelques couples guinchaient sur les sanglots que les doigts du musicien tiraient de son piano à bretelles. Lionel Chassard venait ici chaque fin de semaine. Accompagné de sa femme qui tournait sur la piste parfois, avec un des amis du couple. Une manière très sympa ...
... d’arrondir les fins de mois souvent difficiles. Il avait pourtant fait de bonnes études, la vie l’avait rattrapée avec les coups bas, les malheurs qu’elle s’ingéniait à porter à certains sans motifs. Pour cela, il pouvait se vanter d’en avoir connu des jours maudits, Lionel. Sa seule source de joie était ce petit bout de femme qui chantait sur les mélodies que son instrument pleurait. Depuis la fin de ses études, jamais elle n’avait failli et malgré les vacheries de l’existence, elle était contre vent et marée, restée. Depuis quelques semaines cependant, elle était inquiète. Oh, il n’y avait pas vraiment de causes précises à son mal-être. Mais comme tout un chacun, dans la presse locale, elle avait pu lire que deux anciens copains de son compagnon étaient décédés. Marinette se souvenait du gros lard de Dominique. Un type antipathique au possible et pervers plus que la moyenne. Surtout de ses yeux, elle les assimilait volontiers à ceux d’un cochon… et pas n’importe lequel ! Un verrat… qui donnait l’air au type d’être toujours en rut. Un suicide dans sa piscine ? La terre était débarrassée d’une belle ordure. Puis elle avait lu aussi que Jean Castaing avait mal fini également. Mordu par un serpent ? Si elle avait trouvé plutôt suspectes ces deux morts, elle n’en avait pas soufflé mot à son Lionel. Tant d’épreuves traversées par cet homme qui faisait le sel de ses jours, pas question donc de le faire ruminer des choses comme ça ! Le ménager… oui, elle devait le garder ...