1. La vengeance du fantôme (3)


    Datte: 03/06/2022, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    ... aucune chance de ne pas avoir mal…
    
    —… je…
    
    — Ne t’inquiète pas ! Je vais te tenir la main pendant que tu changes de rive…
    
    — Pourquoi… pourquoi moi ?
    
    — Parce que tu es le troisième sur ma liste… chacun son tour, tu comprends ?
    
    —…
    
    Lentement Lionel sentait une sorte de froidure l’envahir. Ses muscles ne réagissaient plus aux ordres de son cerveau. Il songea un instant à une robe bleue, à un flot noué dans le dos, et doucement il bascula sur le côté. Le spectre lui donnait sa main gantée pendant qu’il survolait un paysage aux couleurs infinies et indescriptibles. Quelques instants plus tard, un spasme indiquait à l’exterminateur que tout était terminé. Alors tranquillement le fantôme récupéra son flacon, puis après l’avoir frotté de longues secondes, il le replaça dans la main de l’accordéoniste. Il prit son temps enfin, essuyant à l’aide d’un genêt coupé les rares traces de pieds qu’il aurait pu laisser et il s’évanouit dans la nuit environnante.
    
    À quelques centaines de mètres de l’endroit où une vie chavirait, une femme sortait de sa douche. Son mari allait rentrer et ensemble, ils iraient dévorer une pizza dans un rade quelconque. Assise devant une coiffeuse embuée, elle entreprit de se maquiller un peu. Le rouge de ses lippes ressortait et son visage rayonnait. Puis elle attendit… un Lionel qui tardait bougrement. Au bout d’un long moment, elle décida d’aller à sa rencontre, mais il ne se trouvait nulle part sur le chemin de leur logement à la ...
    ... guinguette… où pouvait-il bien être passé ?
    
    Dans l’appartement qu’elle partageait avec son compagnon, l’ambiance était à la démoralisation. Où appeler ? Les flics ou l’hôpital ? Pourquoi Lionel aurait eu un accident à moins d’une borne de chez lui ? Plus rien n’avait de sens et son sang-froid se diluait dans une terreur sans limites. De café en café, l’aube avait pointé son nez, mais de celui de son mari pas de nouvelles. Alors, avec le jour naissant, elle avait lentement refait le trajet allant de l’appartement à la guinguette. Pas plus de Lionel qu’en début de nuit… et le désespoir gagnait la femme paumée par l’absence de son homme.
    
    À huit heures, n’y tenant plus elle s’était résolue à composer le numéro du commissariat. Le planton qui prenait l’appel essayait bien de la rassurer, mais quelque part un coin de son cerveau ne réagissait plus sainement. Elle se mit à hurler dans le téléphone et la flic de l’accueil croyant bien faire, lui dépêcha une patrouille. La fliquette standardiste invoqua auprès de ses collègues un risque de suicide d’une folle furieuse. Les occupants de la voiture pie qui vinrent frapper à la porte de Marinette étaient sur la défensive. Cependant, ils écoutèrent la détresse de la femme.
    
    Et pour la troisième fois, l’épouse du musicien refit, accompagnée par deux policiers en tenue, le sentier traversant le terrain vague. Le plus jeune des deux agents en s’écartant un peu, fit la macabre découverte. Lionel, le dos appuyé contre un buisson donnait ...