1. La baleine rose (1/2)


    Datte: 18/05/2022, Catégories: A dormir debout, Auteur: Philus, Source: Hds

    ... dit-elle en riant.
    
    *
    
    D’un commun accord et deux semaines plus tard, c’est la station de taxis de la gare Saint-Charles qui fut sélectionnée. Martine avait suggéré également de s’y trouver à l’heure du dernier TGV en provenance de Paris, c’est-à-dire 23 h 45. Dans la file d’attente, Élisabeth ne pouvait toutefois pas choisir le genre du chauffeur et lorsqu’elle vit une femme au volant, elle dut laisser sa place à une cliente qui attendait derrière elle. Le taxi suivant lui convenait. Conduit par un homme d’une cinquantaine d’années, cheveux gris et rasé de près, il avait tout l’air d’un bon père de famille. Elle monta sur la banquette arrière sous les yeux amusés de Martine, assise plus loin sur un banc public. Le chauffeur lui demanda sa destination. Aussi naturellement que possible, Élisabeth répondit :
    
    — Au parking du col de la Gineste, sur la route de Cassis, s’il vous plait.
    
    — Je sais bien où c’est, dit le conducteur. Mais qu’allez-vous faire par là ? C’est désert à cette heure…
    
    Elle aurait pu répliquer que ça ne le regardait pas, mais préféra donner un peu de vraisemblance à sa demande incongrue.
    
    — J’ai rendez-vous avec mon petit ami, il me ramènera après.
    
    — Après quoi ? demanda l’homme malicieusement.
    
    — Je vous fais un dessin ? continua Élisabeth sur le même ton.
    
    Le chauffeur rit doucement, enclencha la première et le véhicule démarra.
    
    Passé le quartier Mazargues, Élisabeth déclara :
    
    — S’il vous plait, Monsieur, je vais être malade à ...
    ... l’arrière avec tous ces lacets. Je voudrais monter à côté de vous.
    
    Le taxi, considérant qu’il n’avait rien à craindre d’une jeune et jolie femme et n’ayant pas envie de nettoyer sa voiture, se gara sur le bas-côté et laissa sa passagère s’installer sur le fauteuil de devant. Il repartit aussitôt et ne s’arrêta qu’à destination. Bien sûr il n’y avait personne, sauf un véhicule gris qu’ils ne virent pas, car soigneusement dissimulé derrière un gros rocher.
    
    — Il semblerait bien que votre petit ami vous ait fait faux bond ! remarqua le conducteur.
    
    Élisabeth poussa un soupir de dépit.
    
    — Oui, j’avais tellement envie de lui faire une gâterie, fit Élisabeth, l’air sincèrement désolé. Dites Monsieur, je peux vous sucer à la place ? Je ne dirai rien à personne.
    
    L’homme, dans un premier réflexe, refusa.
    
    — Vous n’y pensez pas, Mademoiselle. Je suis marié et puis je dois rapporter le prix de ma course.
    
    — La course, je vous la paye bien entendu, mais pour le reste, ça me ferait vraiment plaisir, je m’y étais trop préparée… minauda Élisabeth.
    
    Le chauffeur regarda une nouvelle fois dehors, s’assura que sa passagère et lui étaient bien seuls et déclara en même temps qu’il enlevait son velours :
    
    — D’accord, mais c’est bien parce que vous insistez.
    
    — Bien sûr, je comprends, reprit Élisabeth en souriant intérieurement.
    
    Le pantalon et le slip kangourou blanc sur les chevilles, le conducteur du taxi exhiba une verge molle et de petite taille. Il ferma les yeux et ...