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La baleine rose (1/2)
Datte: 18/05/2022, Catégories: A dormir debout, Auteur: Philus, Source: Hds
Première partie. Il faisait chaud en ce mois de juin sur le Vieux-Port de Marseille. Le quai des Belges était noir de monde et il aurait fallu se lever de bon matin pour trouver une terrasse de café qui ne fût pas bondée. À l’une de celles-ci, près du départ de la navette pour l’ile du Frioul, se désaltéraient à une table ronde métallique et au dessus de marbre blanc d’Italie deux belles femmes d’une trentaine d’années. L’une d’elles était placée dos au bar et pouvait admirer les bateaux aller et venir sur le port. Elle observait sans se priver les gens qui passaient et repassaient devant elle et ne manquait pas de détailler les hommes qui lui paraissaient à son goût. Élancée, brune, élégante, une poitrine généreuse sans être trop lourde dans un soutien-gorge ajouré, Martine avait conscience de son fort pouvoir de séduction. Dans sa mini-jupe, ses jambes croisées sous la table exhibaient le haut de sa cuisse jusqu’à la naissance de la fesse, car en dehors des strings, elle n’utilisait pas d’autres sous-vêtements. Son amie lui faisait face en veillant, avec plus ou moins de bonheur, à rester sous l’ombre relative d’un parasol fatigué. Élisabeth était jolie, brune également, mais aux cheveux plus courts. Ce qu’elle portait était moins recherché, juste un short moulant bleu ciel et un chemisier blanc translucide qui laissait deviner son soutien-gorge. Ses jambes fines, longues et surtout bronzées, lui donnaient l’air d’une estivante. Après avoir aspiré une interminable ...
... gorgée de son diabolo menthe, elle déclara à brûle-pourpoint : — Tu sais que ça fait plus d’un an que je n’ai pas eu un mec dans mon lit ? — Non ! Un an ? Mais tu fais comment alors ? répondit Martine, les yeux arrondis par la stupeur. — À ton avis ?... Mon petit doigt bien sûr ou plutôt celui du milieu, souffla Élisabeth en tendant le médius et en s’assurant d’un coup d’œil circulaire que personne ne pouvait entendre ce qu’elle disait. Martine pouffa et mit la main sur sa bouche. — Tu ne vas pas en boîte pour draguer ? questionna-t-elle finalement en se rapprochant de son amie. — En boîte ? Élisabeth se força d’un rire sonore et continua, un ton plus bas. — Il y a trois sortes de types dans les discothèques Tine, déclara Élisabeth solennellement. Les plus jeunes qui voient en moi une initiatrice sexuelle ou bien un substitut de leur mère, les vieux qui ont des yeux salaces et des mains partout quand ils dansent et ceux de notre âge qui ne jurent que par leur femme et qui veulent rester fidèles et tout le toutim. Lorsqu’ils viennent t’inviter à un slow, c’est forcément un de ceux-là, conclut-elle, fataliste. — Et alors, tu n’essaies pas de forcer le destin ? De t’approcher d’un homme que tu n’as jamais vu ? Tu n’as pas envie de faire des trucs que tu n’as jamais faits auparavant ? De te provoquer des poussées d’adrénaline ? — Qu’est-ce que tu veux dire Tine ? répondit Élisabeth, intriguée. — C’est difficile à expliquer, Zabeth, commenta Martine en ...