1. L'admirateur secret (13)


    Datte: 15/05/2022, Catégories: Hétéro Auteur: Nkari

    Mercredi : depuis le début de la semaine, j’ai réussi à repousser les sollicitations de Valérie au boulot. Comme à son habitude, elle enchaîne les œillades appuyés, les positions provocantes ou les sous-entendus graveleux, mais avec une fréquence plus élevée. Quelque chose me dit qu’elle a encore croisé les doigts lors sa promesse de rester professionnelle au bureau.
    
    C’est aujourd’hui que Maëlle passe son entretien. J’attends depuis le début de la journée impatiemment les résultats. Ça ne devrait plus tarder maintenant, son rendez-vous était il y a une heure.
    
    Justement, voilà le portable rouge qui vibre. Un SMS ; c’est elle : « C’est bon, je suis prise. Je te raconte tout ce soir. » Yes ! Une minute plus tard, c’est mon téléphone personnel qui vibre : je reçois exactement le même message. Mince, elle a préféré prévenir son admirateur avant son père ; une pointe de jalousie me prend. Être jaloux de sa double identité, je fais fort !
    
    Bon, il est temps de répondre. Soyons malin, n’envoyons pas deux fois la même réponse : ce serait con de se trahir ainsi. Je tape le premier et l’envoie : « Excellent, ma belle, je t’adore ! » Ça, c’était l’admirateur. Le second SMS suit derrière, celui de son père : « Bravo, je suis fier de toi, ma biquette. » Et voilà, c’est réglé.
    
    Attends !
    
    Je vérifie les portables... Et merde ! Merde ! Merde ! Les doigts nerveux, je compose le numéro de Lulu. Ça sonne, sonne, sonne... Putain ! Elle va décrocher ou quoi ?
    
    — Allô ? me fait ...
    ... soudain une voix essoufflée.
    
    — Lulu ? J’ai besoin de toi de toute urgence. Tu peux venir au bureau ?
    
    — Euh... ouais, d’accord, je finis et j’arrive. Rachid, accélère la cadence. Il faut que j’y aille.
    
    Ah ? Visiblement, elle était avec un mec, sûrement en plein exercice. Peu étonnant. J’espère qu’elle ne va pas tarder. Je suis en panique complète. Quel con, putain ! En attendant, je préviens mon équipe de son arrivée et leur dis de me l’envoyer tout de suite à mon bureau. Je tourne en l’attendant, imaginant la pire catastrophe.
    
    On frappe à ma porte. Je me précipite pour accueillir ma salvatrice. Elle m’apparaît en minijupe et débardeur ; visiblement, aucune trace de soutien-gorge. Je la fais entrer, ferme et verrouille derrière elle.
    
    — Assieds-toi, ordonné-je.
    
    Je lui tire la chaise, elle obéit. Je contourne le bureau pour venir me jeter dans mon fauteuil. Je lui rends le portable rouge de l’admirateur et lui demande de lire le dernier message envoyé.
    
    — « Bravo, je suis fier de toi, ma biquette. » Et alors ?
    
    — Comme un con, j’ai interverti les deux réponses : celle-là aurait dû être celle de son père.
    
    — Ben, pas grave.
    
    — Oh que si ! C’est une catastrophe ! Biquette, c’est le surnom que je lui donnais quand elle était petite. Elle en avait horreur. De temps en temps, je le ressors pour la taquiner, ou juste comme ça. Elle va forcément savoir que c’est moi l’admirateur, après ça ! Il faut que tu m’aides à rattraper le coup.
    
    — Qu’est-ce que tu ...
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