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Coupable
Datte: 08/04/2022, Catégories: fh, extracon, jalousie, dispute, mélo, policier, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... civile, représentant la veuve de moins en moins éplorée, intervient : — Monsieur le président, fait-on le procès de la victime. On oublie qui est la personne que l’on juge aujourd’hui. — Maître, pour une bonne justice nous devons connaître la personnalité de l’accusé, comme celle de la victime. Le Président remercie Richard pour son témoignage. Je croise son regard alors qu’il quitte la barre. Un regard de satisfaction, j’ai l’impression qu’il me remercie. Avant de quitter la salle, il serre à nouveau Laura dans ses bras. Le dernier jour, après le réquisitoire du procureur, les plaidoiries des avocats qui font des effets de manches pour impressionner les jurés et les journalistes présents, j’ai la parole en dernier. Je me lève. Sans m’adresser à la cour, je me tourne vers Agnès, elle peut lire sur mes lèvres : — Je t’aime. Le Président déclare clos les débats et invite les jurés à se retirer pour délibérer. ---o Ô o--- ÉPILOGUE Dernière nuit dans ma cellule de la maison d’arrêt de Chartres, demain je serai transféré en dans une prison réservée aux longues peines. Fresnes, une des plus grandes Centrales de France. J’ai une cellule individuelle, et comme prévu, j’aurais accès aux Unités de Vie familiale pour nous retrouver une fois par mois, Agnès et moi, pour quelques jours. Il nous faudra des années de patience pour oublier, et nous retrouver comme avant. La vie est ainsi faite, personne ne mesure les conséquences de ses actes. Qui est ...
... fautif ? Comment d’un simple dîner entre amis, je me retrouve ici, entre quatre murs. J’ai une pensée pour deux enfants qui grandiront sans leur père, et pour Laura leur mère, une belle femme encore jeune, je lui souhaite de trouver l’homme avec qui elle pourra refaire sa vie. Je commence à compter les jours. Maître Makarov m’a expliqué en détail : grâce au crédit de remise de peine, ma condamnation de dix-huit ans est réduite à quinze ans avant même de rejoindre ma cellule. Si je reste tranquille, il est possible de demander une libération conditionnelle à mi-peine, soit au bout de neuf ans, avec les deux ans que je viens de faire en préventive, et les remises de peine pour bonne conduite, une lueur d’espoir, j’espère être libéré dans six ans. Elle est belle la justice, je ne vais pas m’en plaindre. Je pense à ma femme, je sais qu’elle va venir me voir rapidement, elle en a fait la demande. Dernière image lorsque je sors du box emmené par les gendarmes, Agnès regagne la sortie aidée par mon avocat qui pousse son fauteuil roulant. Elle m’avait demandé « Laurent, s’il te plaît aide-moi… Je n’arrive pas à me relever », je n’en avais pas eu le temps, les policiers avaient fait irruption et m’avaient menotté. Je n’ai su qu’après qu’elle ne pouvait plus marcher. Sa colonne vertébrale avait heurté violemment les marches de notre l’escalier quand son amant sans vie l’avait entraînée dans sa chute. Le constat des médecins a été terrifiant, paraplégique. Depuis elle ...