1. Je me souviens...


    Datte: 10/03/2022, Catégories: amour, nonéro, lettre, mélo, nostalgie, amouroman, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe

    ... notre horizon.
    
    Je pensais que rien de plus beau ne pouvait m’arriver, je me trompais, la suite me démontra le contraire. Nous partageâmes ce genre de moment à profusion et notre amour n’eut de cesse de s’étoffer, toujours plus puissant, toujours plus sincère.
    
    Je me souviens… notre premier appartement, un studio à la limite de l’insalubrité et dans lequel notre couple naissant se construisit. Une pièce unique, une kitchenette équipée d’un réchaud et un vieux canapé convertible en guise de lit suffirent, durant deux années, à combler notre bonheur. Une légère odeur de moisissure émanait des murs trop humides ; le froid glacial de la tramontane hivernale s’infiltrait au travers des boiseries trop vétustes ; les fines cloisons, laissant transpirer le moindre soupir, nous dévoilaient les us et les mœurs de notre voisinage ; quant à nos ébats débridés, ils ne passèrent certainement pas non plus inaperçus.
    
    Nous traversâmes bien sûr quelques galères et dûmes affronter les réalités bien concrètes infligées pour assumer notre autonomie. Au diable ces dernières ! Nous étions unis et rien d’autre n’avait d’importance. Les crises et les doutes bizarrement se sont effacés, seuls nos fous rires communs survivent à mon esprit, partis d’un rien, d’un regard ou de situations incongrues si anecdotiques que je ne saurais en définir l’origine.
    
    Je me souviens… de sa main qui broyait la mienne à la maternité. Mon ange souffrait, mais je reste convaincu que ma présence lui donna la ...
    ... force et l’énergie nécessaires pour endurer cette épreuve douloureuse. Je me rappellerai éternellement son visage comblé de joie lorsque notre fils fut né et qu’elle le prit dans ses bras. Elle était désormais une mère et avait mis au monde l’être à qui elle consacrerait toute sa bonté et son amour. Une fois ce dernier allongé contre son sein, elle me regarda si intensément, les yeux emplis de larmes, que je crus sentir mes pulsations cardiaques me traverser la poitrine sous l’effet de l’émotion. Notre symbiose jusqu’alors immatérielle venait en un instant de prendre forme dans le corps de cet adorable nourrisson… notre enfant !
    
    Deux ans plus tard, notre tribu s’agrandissait à nouveau et la vie suivit son cours, jusqu’à ce que notre descendance ait quitté le foyer parental pour voler de ses propres ailes. L’aîné fut promu ingénieur et la benjamine infirmière. Les repas hebdomadaires familiaux se changèrent vite en des réunions semestrielles, puis finalement annuelles. Les tendres et apaisants câlins maternels ainsi que les franches accolades protectrices paternelles devinrent, au fil du temps, de moins en moins nécessaires à nos chérubins alors adultes.
    
    Je me souviens… des rides naissantes qui jamais ne disgracièrent son visage si harmonieux et tant chéri, nous vieillissions de concert sans que jamais cela n’entachât notre complicité. Je me souviens… que tels deux tourtereaux, nous restâmes inséparables, sa présence essentielle me rassurait, et jamais je ne doutais de la ...