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0304 Un mariage et quelques entraînements.
Datte: 07/03/2022, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... maigre, grisonnant. Il a les sourcils en chapeau, les traits tendus et l’air pas commode. Il parcourt deux fois les feuilles de mes résultats sans m’adresser la parole. J’ai l’impression que soit il cherche à gagner du temps avant de m’annoncer une mauvaise nouvelle, soit qu’il prend du plaisir à me faire mijoter. J’ai l’impression que tout se bouille dans ma tête, que mon cœur tape dans ma gorge, dans mes tempes. « Dites-moi, s’il vous plaît, je m’entends lâcher, la voix basse, comme éteinte. — Vous avez de la chance Mr Sabathé, il m’annonce froidement un instant avant que mon cœur n’explose. — Ça veut dire que je suis… — Négatif, oui. » Le stress, l’angoisse, la peur accumulés depuis trois mois et oubliés d’une certaine façon par le quotidien remontent d’un coup. Et je pleure. « Vous n’êtes pas content ? — Si si, c’est juste que j’ai eu tellement peur. — Qu’est-ce qui vous est arrivé ? » J’ai beau être soulagé, je me sens toujours honteux à raconter pour la énième fois les circonstances qui m’ont amené à ce test. « La capote a cassé pendant un rapport. — Anal ? — Oui. — Et vous étiez actif ou passif ? » Mais qu’est-ce que ça peut bien faire ? Que cherche-t-il à la fin ? Tout ça n’a plus d’importance désormais. Du coup, je trouve humiliant de devoir répondre à ce genre de question. « C’était un accident, je me contente de répondre, pressé de me sortir de là. — Ce genre d’accident arrive le plus souvent aux hommes comme ...
... vous. — Un accident c’est un accident, je lui lance sur un début d’agacement. — J’espère que cette mésaventure vous apprendra peut-être à faire davantage attention à ce que vous faites. Il n’y a pas toujours de deuxième chance… » Le ton et l’air accusateurs du médecin ne gâcheront pas ma joie d’être délivré de cette angoisse avec laquelle j’ai vécu depuis trois mois. Je le remercie, et je me tire de là au plus vite. Je m’empresse de quitter l’hôpital. Dès l’instant où je suis dans la rue, et où je sens l’air frais circuler dans mes sinus, emplir mes poumons, les rayons de soleil chauffer mon visage, j’ai l’impression de renaître. Je me sens léger, heureux, euphorique. Je prends quelques bonnes inspirations, je me retiens de pousser un grand cri de joie et j’appelle mon Jérém. Je tombe sur son répondeur, mais rien que le fait d’entendre sa voix enregistrée me fait du bien. Je lui laisse un long message décousu pour lui dire qu’il n’a plus à s’inquiéter. J’aimerais tant qu’il soit avec moi, le prendre dans mes bras, pleurer de joie dans son étreinte, le sentir contre moi, partager ce moment de joie et de sérénité retrouvées. En attendant, j’envoie un message à Julien pour le prévenir. Il me répond dans la seconde. « Je suis content pour toi, mon poto ! » Définitivement, Julien est un pote formidable. Jérém me rappelle une heure plus tard alors que je viens de rentrer chez moi et de faire part de la bonne nouvelle à mes deux adorables papis. « Je le savais ...