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0304 Un mariage et quelques entraînements.
Datte: 07/03/2022, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... avant de l’avoir attrapé, mais même quand on l’a attrapé, il vaut mieux rester prudent car l’ours en question peut s’échapper à tout moment. Dans le sport, notamment le sport d’équipe, la réussite dépend d’une multitude d’acteurs, d’une infinité de paramètres, ainsi que d’un facteur chance. Autant de variables qu’on ne peut contrôler individuellement et dont la défaillance passagère, peut très vite faire tout basculer. Oui, dans le sport d’équipe, tout peut changer très vite. Un jour aux Anges, le suivant en Enfer, sans transition. Après un lot de matches en début d’année plutôt satisfaisants, depuis quelques semaines le Racing se fait régulièrement dominer. Au dire de Jérém, l’ambiance dans les vestiaires et aux entraînements est de plus en plus difficile. Je le sens de mauvaise humeurs, soucieux, distant. Je sens qu’il essaie de ne pas me faire subir tout ça, mais je ressens son malaise. J’essaie de l’encourager, de lui dire que les choses vont s’arranger, que son équipe a connu des temps meilleurs et qu’elle va en connaître d’autres. Mais entre le fait que je ne connais pas les tenants et les aboutissants des problèmes que traverse son équipe, et le fait que mes compétences en rugby sont d’un niveau plus bas que terre et mer, mes propos doivent sonner bien creux aux oreilles de mon beau brun, dénués de toute crédibilité. Ce qui fait que l’encouragement que je souhaite lui apporter doit tomber à plat. Preuve en est le fait que lors de nos derniers échanges ...
... téléphoniques, dès que j’essaie de lui demander des nouvelles, il se contente de répondre « ça va » et il change direct de sujet. Je sens qu’il est fatigué, physiquement, mentalement, moralement. Ces défaites multiples l’affectent beaucoup. Je sais, parce que ça lui a échappé un soir, qu’il se sent de plus en plus sur la sellette, qu’il commence à craindre de ne pas être reconduit pour la saison prochaine. Je sens que ces problèmes sont à nouveau en train de nous éloigner, mais je me fais surtout du souci pour lui. Je ne veux pas que son rêve se termine si tôt. Je ne veux pas qu’il soit malheureux. Je ne veux pas le voir partir en vrille, parce que je ne sais pas si j’aurais la force de l’en empêcher. En attendant, son inquiétude déteint sur moi. Il me manque, j’essaie de tenir bon. Mais ce n’est pas facile tous les jours. C’est de plus en plus dur pour moi de ne pas savoir quand je vais le revoir. La fin du championnat c’est dans plus d’un mois. Est-ce que je vais devoir attendre jusque-là ? Est-ce que notre relation va être ça, tout le temps ? Se voir de temps en temps, une fois par mois au plus, beaucoup moins quand il doit être à fond dans le rugby ? J’essaie de me réconforter en me disant qu’en dépit de la faible quantité de nos rencontres, leur qualité est excellente. Je repense à cette visite éclair de mon beau brun un mois plus tôt, après le résultat négatif de mon test HIV. Quand je pense à la façon dont il s’est tapé deux fois six heures de route pour venir me voir ...