1. Une veine de cocu


    Datte: 26/02/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Matt Demon, Source: Xstory

    ... ici. Je me sentais seul.
    
    — Eh bien tu ne l’es plus, seul. Je suis avec toi, et je n’ai pas l’intention de te lâcher. Enfin, je veux dire...
    
    Elle détourna le visage, mais pas assez vite pour me cacher la délicieuse rougeur qui venait d’envahir ses joues.
    
    — Vas-y, je n’ai rien à cacher. Je te paierai en heures sup’ pour ton boulot.
    
    — Pas de chèque, hein ! En liquide.
    
    Elle se rendit compte du double sens, car là elle devint carrément pivoine. Je me permis un petit rire, embarrassé par sa gêne évidente.
    
    — Tu as l’esprit mal placé, protesta-t-elle vivement.
    
    — Pas plus que toi, ma belle toubib. Alors, tu vois quoi ? Je vais mourir dans un mois ?
    
    — Sors pas des trucs comme ça, Max. Tu te fais mal, et tu me fais mal.
    
    — Tu as raison. Pardonne-moi.
    
    Elle ne répondit pas, plongée dans mon dossier. Elle s’est assise sur un coin de chaise pour parcourir les documents ; je la voyais froncer les sourcils, se mordre la lèvre inférieure, parfois même se ronger un ongle. Durant tout le temps qu’elle lisait – peut-être une demi-heure – je ne bougeai pas d’un pouce. Je la regardais en silence, m’émerveillant de la voir après ces années. Malgré sa petite taille, clairement une adulte, rien à voir avec l’ado d’autrefois.
    
    Enfin elle referma soigneusement le dossier puis elle poussa un soupir en se tournant vers moi. À ma surprise, elle se précipita contre moi, s’agenouilla et enfouit sa tête contre mon épaule gauche. Je ne pouvais voir son visage mais je compris ...
    ... alors qu’elle sanglotait sans retenue. Désemparé, ne sachant que faire, je refermai mon bras sur elle et caressai ses fins cheveux noirs en murmurant des mots d’apaisement.
    
    — Je suis là, Schtroumpfette, tout va bien ; tu vas sûrement devoir me supporter encore longtemps.
    
    Il fallut plusieurs minutes pour qu’Océane se calme et que sa respiration s’apaise. C’est là que je fis preuve de mon humour légendaire, genre éléphant dans un magasin de spécialités de Limoges :
    
    — Le jour de ton mariage, j’accepte même d’être ton témoin.
    
    Elle se raidit et se propulsa sur ses jambes, comme mue par un ressort, et me fusilla du regard avant de filer comme une flèche. Non sans lancer d’une voix fragile mais clairement courroucée :
    
    — Maxime Pelous, si je me marie un jour – et rien n’est moins sûr – je peux te promettre une chose : tu ne seras pas mon témoin.
    
    Clang ! La porte d’entrée claqua et me laissa dans un silence abasourdi.
    
    Je l’ai fâchée, et je sais même pas pourquoi. C’est quoi, cette histoire ? Elle ne veut pas de moi à son mariage… Attends, c’est pas ce qu’elle a dit : elle ne me veut pas comme témoin...
    
    Là, je devais avoir les oreilles qui fumaient tellement je décortiquais ses paroles dans mon petit cerveau.
    
    Oh merde, que je suis con ! C’est pas vrai, il faut que j’aille m’excuser, même si elle doit me tuer. Je suis un gros blaireau, décidément ; maintenant je dois ravaler ma fierté et me mettre à plat-ventre devant elle...
    
    Penser à me mettre à plat-ventre, ...