1. Mise en bouche


    Datte: 14/02/2022, Catégories: fh, hplusag, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... autre histoire.
    
    — Accouche ! Quand tu fais c’tte tête là, c’est qu’t’as un truc chelou à m’annoncer.
    — Un meurtre, chef ! Mais un meurtre qui sort des sentiers battus si j’en crois ce que m’a dit Anna.
    
    La lieutenante Carlossant, Anna, pour les intimes, était un membre indispensable de notre équipe. La reine des scènes de crime, rien ne lui échappait. En outre la meilleure pour mener un interrogatoire.
    
    — Elle est déjà sur la scène de crime ?
    — Oui, C’est elle qui a pris l’appel et elle n’a pas voulu attendre. Elle nous aura déblayé le terrain.
    — Ça, c’est cool ! Et que t’a dit la belle Anna ?
    — Je préfère vous laisser la surprise. Mais dépêchez-vous. J’ai demandé qu’on nous prépare une voiture.
    — Et on va où ?
    
    Sans m’attendre, il se dirigea vers l’escalier qui menait au garage. Je lui emboîtai le pas.
    
    — À Écully !
    — Anna joue à domicile !
    
    Elle louait un appart dans cette banlieue bourgeoise de la couronne lyonnaise.
    
    — Presque…
    — C’est pas chez Bocuse*, au moins ?
    — Meurtre au château, Agatha Christie ! Ça vous aurait plu, chef ?
    — Tu m’vois en Miss Marple ?
    — Plutôt en Poirot, en train de vous lisser la moustache, chef !
    — Celle-là, Martineau, tu m’la paieras. Alors où ?
    — Pas chez Monsieur Paul, mais pas très loin. Dans une rue située à quelques centaines de mètres : l’allée du Chêne clair. Au 22 pour être tout à fait précis.
    — J’suppose que c’n’est pas un HLM.
    — Non une maison de rupins d’après Anna, avec piscine, mais sans ...
    ... tennis.
    
    Notre petit échange nous avait amenés au garage où nous attendait une voiture banalisée. Je détestais conduire, particulièrement en ville. Adepte farouche des transports en commun, j’avais dû ressortir ma Renault depuis mon déménagement forcé. Bryce, connaissant mon aversion, s’installa au volant sans même me consulter.
    
    Il n’eut pas besoin de la vingtaine de minutes que prenait le trajet pour me briefer, car il avait peu d’information. La victime serait un homme d’affaires ou chef d’entreprise. Mon adjoint ne semblait pas très fixé. En tout cas, un mec qui brassait pas mal de pognon. Très classiquement, le crime avait été découvert par la femme de ménage à sa prise de service vers 7 heures du matin. Alors que je m’étonnais de cette arrivée matinale, il m’apprit qu’elle préparait le petit-déj de la victime.
    
    Anna n’avait rien voulu lui dire de plus sinon que la technicienne de surface lui avait salopé sa scène de crime et que ce ne pouvait être ni un suicide ni un accident.
    
    Plusieurs voitures garées à la « va comme je te pousse » encombraient la rue et nous empêchèrent de rentrer dans la propriété. Bryce se gara, comme il put, derrière un fourgon de la Police scientifique. Alors que nous empruntions l’allée qui conduisait à la maison, nous dépassâmes une Zoé que je connaissais trop bien.
    
    — Désolé, chef ! Je crois que nous avons hérité de votre légiste préférée.
    
    Il avait tenté l’approche humoristique en retour, il bénéficia d’un :
    
    — Fais chier ! Deux mois que ...
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