1. Histoire des libertines (78) : Femmes libres d’Hollywood (10) Hedy Lamarr, « la plus belle femme du monde ».


    Datte: 06/02/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... puritaine des années 1940 ? Elle fuit son premier époux, déguisée en servante, certains disent en prostituée ; se maria six fois ; revendiqua sa bisexualité ; prit pour amants les plus grands noms d'Hollywood ; abusa de la chirurgie esthétique ; dilapida sa fortune ; se retira de la vie publique à quarante ans, ne réapparaissant qu'au gré de ses condamnations pour vol à l'étalage.
    
    Hedy fut une femme qui plaça au plus haut sa liberté. C’est une révoltée qui ne se satisfait jamais de ce qu’elle obtient. Il lui faut l’aventure, le risque, le mouvement, le tumulte des orages désirés.
    
    Aucun scrupule, aucune pruderie n’arrêtent sa soif inextinguible de jouissances. Hollywood lui ouvre les bras. Et elle ne se prive pas d’ouvrir généreusement les siens à tous les hommes que sa beauté fascine. Hypersexuelle, certains ont parlé de nymphomanie.
    
    Sa plastique impeccable, sa séduction irrésistible lui sont bien sûr un atout, mais elle vit, semble-t-il, mal son addiction au sexe. Non qu’elle évite les occasions d’y succomber – elle les saisit au contraire avec gourmandise – mais en ayant conscience des ravages que cette voracité peut avoir sur sa vie conjugale.
    
    Cette incertitude et ce manque de conviction profonde, qui l’empêchent d’avoir une carrière cinématographique à la hauteur de sa beauté et de son talent, tiennent peut-être à ce sentiment de tristesse qui ne la quitte pas. Dépressive, jamais satisfaite, proie des psychanalystes, cherchant sans fin le mari idéal, en fait ...
    ... obsédée par son père, le grand amour de sa vie, elle use les maris et accumule les divorces pour approfondir son mal de vivre.
    
    Mes lecteurs ne seront pas surpris de l’affection que je porte à Hedy Lamarr, que je placerai au même rang que Marlene Dietrich ou Josephine Baker. Ce sont des personnages avec lesquelles on peut s’identifier. Pas seulement pour leur beauté, leur aura de femme fatale, leur vie libre et le fait qu’elles ont incarné l’hypersexualité féminine. Ces trois femmes ont en commun la même détestation du fascisme, contre lequel, à des degrés divers, elles se sont engagées activement pendant la Seconde guerre mondiale. Je soulignerai leur vive intelligence, leur talent qui se sont exprimés pas uniquement au cinéma, mais dans leurs engagements et leurs réalisations, Hedy Lamarr étant incontestablement une grande inventrice, bien que tardivement reconnue. Trop belle pour être intelligente en quelque sorte !
    
    Bien sûr, la vie privée d’Hedy Lamarr, ses multiples mariages et amants, peuvent susciter des critiques. Il n’empêche : j’ai envie de dire « quelle femme ! » en particulier quand je lis ce qu’elle a répondu à un journaliste de « Vanity Fair » qui l’avait soumise au fameux questionnaire de Proust et lui posait la question : « Comment aimeriez-vous mourir ? », elle répondit sans hésiter, montrant qu’elle n’avait toujours pas fait la paix avec son cœur, tyrannique : « Après avoir fait l’amour ! »
    
    Voilà un principe qui me convient bien !
    
    REFERENCES
    
    Des ...
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