1. Balbutiements (5)


    Datte: 31/01/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Anthynéa, Source: Xstory

    ... suis assise. Je ne cherche plus à savoir lequel est sur le point de me toucher. Je continue à jouer. La main qui m’effleure la nuque, je la sais, l’aime. Elle ne peut pas me tromper, elle est celle qui vient si souvent que j’en garde la chaleur, l’odeur, la trace sur mon épiderme. Elle glisse de mon cou à mes épaules, s’arrête au passage pour saisir entre pouce et index le fermoir du soutien-gorge qui renferme mes seins.
    
    Dimitri ne devrait pas les voir, mon chemisier les garde encore pour un temps hors de vue. Et pas tout à fait libres, mais moins prisonniers, ils ballottent à chacune de mes inspirations. Les doigts de Michel s’enfoncent dans le coton blanc, malaxant les chairs en douceur. Je songe que l’autre regarde… peut-être même qu’il bave devant ce spectacle. Dire que c’est moi l’actrice de ce mauvais porno… enfin de ce qui va en devenir un. Le corps de mon mari avance encore un peu et j’ai du mal de continuer à jouer.
    
    Il s’est collé le buste contre mon dos. Et bien entendu, je sais, sens cette barre qui me rentre dans les côtes. Il ne bande pas forcément pour moi ! Mais bien plutôt pour cette situation ambiguë qui me tétanise, me terrorise de plus en plus. Ces pattes me saisissent à bras le corps et la musique est stoppée d’un coup. Les mains qui me retiennent dans leur cage sont impatientes. Je me sens toute molle. Quand est-ce que le premier bouton de mon corsage s’ouvre-t-il ? Je ne sais plus et ne veux surtout pas le savoir. Les suivants ne sont pas plus ...
    ... longs à céder.
    
    Le reste est dans un flou qui m’arrange plutôt. Plus rien ne se passe comme je le croyais. Vingt doigts jouent sur ce piano qu’est devenue ma peau. Je suis toujours en jupe, mais le haut de mon corps est entièrement livré à des lutins qui n’en font qu’à leur tête, guidés par leur instinct. Et c’est les yeux clos que je me sens transportée. Je me retrouve allongée au salon où les hommes m’ont ramenée. La cheminée et son feu, mais également la moquette à longs poils, un lit douillet bien chauffé. Et les amusements reprennent.
    
    Je demeure pour le moment inerte, simple passagère, réceptionnaire de leurs caresses. Mon esprit se met au diapason de mon corps et ensemble ils me donnent des frissons. Michel est là ! La main sur ma joue, si je ne fais qu’en ressentir les effets, elle m’est si familière. L’autre lui vient de me déchausser. Il est précautionneux, prenant grand soin de ne pas briser la magie de l’instant. Il a compris la fragilité de ce qui se passe. Un basculement de ma part toujours possible vers un refus anticipé.
    
    Le massage qui sur mes chevilles m’est agréable se transforme en une progression extrêmement lente vers chaque genou, à tour de rôle. Frôlée, câlinée, mais assistée par Michel qui se contente de m’embrasser le visage à petites touches tendres, je fonds dans un bien-être trompeur. Tendue à l’extrême par une situation qui me dépasse, je laisse faire en tentant désespérément de deviner où les pattes vont être dans la seconde qui suit. Ce n’est ...
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