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Balbutiements (5)
Datte: 31/01/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Anthynéa, Source: Xstory
La table est mise. Nous sommes trois à partager le repas et le fumet est déjà à lui seul un poème. Les galettes de pommes de terre sont dorées et croustillantes à souhait. Les yeux écarquillés de notre invité en disent long sur son bonheur de diner ici ce soir. Moi, je dois dire que je suis dans mes petits souliers… au sens figuré du terme bien entendu. Encore que je me sois faite belle pour l’après-diner. Et mes pieds ont droit également à des égards réservés d’habitude aux soirées de sorties. Notre salle de bain m’a vu une bonne partie de l’après-midi me faire un ravalement de façade que ces gaillards-là, vont sans aucun doute détruire en quelques secondes… mais c’est une autre histoire. La discussion autour de la table tourne sur ce gros poisson, celui qui, bien que jamais monté à bord du bateau doit faire… au moins… et même plus encore. Les hommes sont de grands gosses finalement. Le mien n’échappe pas à cette règle. Mon esprit s’évade, perdu dans une espèce de brouillard épais. Juste un mixe entre peur, excitation et imagination. C’est détonant et suffisamment flou pour me laisser le regard dans le vide. Michel s’en aperçoit et me fait des appels du pied. Je crois que c’est le sien. Au bout d’un moment, je n’en jurerais plus. Mais je m’en moque, pour l’heure, je reste au chaud dans un monde ouaté et feutré. Mon cerveau vagabonde entre ces trois pôles avec des pics vertigineux engendrés par cette trouille viscérale qui prend parfois le dessus sur les autres ...
... sensations. Au fur et à mesure de la fin du repas qui se profile, la pétoche est omniprésente. Mon époux l’a tellement appréhendé que lorsque je me lève pour aller aux toilettes, je l’entends qui s’excuse auprès de notre invité. Il me rejoint à la salle de bain, alors que je me lave les mains. — Claude… tu es sûr que ça va ? Tu sais nous ne sommes pas obligés de concrétiser… — Ne t’inquiète pas mon amour ! Je devrais survivre à cette épreuve. — Si c’en est une, c’est que déjà nous devons renoncer… parce que pour moi, il ne peut s’agir que d’une fête… celle de nos sens. — Je sais, je sais Michel… mais ce n’est pas si simple ! C’est toute une éducation, là, qui va prendre du plomb dans l’aile et cette sacro-sainte morale qui refait surface. Je dois absolument passer outre ! — Comme tu veux ! Mais en aucun cas tu ne dois te sentir forcée ou dans l’obligation… tu saisis ? — Oui ! Et c’est justement là que ta présence m’est précieuse… tes encouragements également. — Bon ! Je vais retrouver notre hôte… il va coucher là de toute façon… — C’est bien ! Nous avons bu de l’alcool et puis… la chambre d’ami possède… une douche et je serais rassurée de le savoir… propre ! Il me chouffe comme si je venais de dire une énormité. Puis à son visage qui s’éclaire, je sens qu’il vient d’entrevoir le sens de ma phrase… je n’ai pas envie de renifler un sexe qui pue la pisse… et chez les hommes uriner est d’une simplicité qui leur permet de se soulager n’importe où… donc… Michel ...