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Le chantier
Datte: 13/01/2022, Catégories: fh, extracon, vengeance, jalousie, Auteur: MarieDesaix, Source: Revebebe
... puissance, lui procurant l’expérience la plus sensuelle et torturée qui soit. Elle aimait sentir chez Julien son envie d’elle. Elle sentait tout autour de lui le parfum amer de la revanche et de la culpabilité. Son âme s’enivrait de toutes ces senteurs et réclamait davantage. Elle se redressa et l’embrassa à nouveau. Elle retrouva sa parcelle de vie, teintée de ce furieux désespoir, qui ne demandait qu’à sortir de sa cage.« Moi aussi, je peux être désirée. Moi aussi, je peux être belle. Moi aussi, je peux briller dans le regard d’un autre ». Son esprit tout voué à cette volonté de détruire sa pathétique image indésirable s’enflamma avec ses sens. Elle pénétrait la bouche de Julien. Elle enfonçait ses ongles dans le cou de Julien. Elle se frottait au corps de Julien. « Moi aussi, je suis une femme », se souvint-elle. Il s’éloigna subitement de ce profond baiser, une lueur incendiaire et sombre dansant dans ses yeux. Josiane se mordit les lèvres. — Et si on allait ailleurs ? Droguée par le goût de la concupiscence, elle acquiesça. L’addition payée, main dans la main, ils se précipitèrent dans la rue en riant aux éclats. Josiane aperçut une ruelle sur le chemin. Elle y entraîna Julien, s’enfonçant dans cette petite rue étroite et obscure. Ils se dissimulèrent dans l’ombre de containers et de palettes éparpillées. Elle le poussa contre les murs de pierre avec brutalité et s’empara à nouveau de sa bouche. Elle tira les pans de la chemise marron. Ses doigts entrèrent ...
... en contact avec une chair chaude, vivante qui vibrait pour elle. Il empoignait ses seins de ses deux paumes, elle se penchait davantage vers lui, se cambrait pour épouser parfaitement son corps, se laissant complètement envahir par cette sensation si douce et reposante de la perte de contrôle de ses actions. Elle voulait obtenir la preuve qu’elle était également constituée de cette essence de femme pouvant faire chavirer un homme. — Ce n’est pas raisonnable… ici… — Tais-toi ! Josiane faisait fi de l’environnement, du scandale de la situation. Elle avait décidé qu’elle obtiendrait avec cet inconnu la satisfaction qu’elle ne retirait plus de son couple. Sa rancœur était désormais le seul maître de ses actions et de ses pensées, obnubilée par le besoin de ressentir à nouveau ce qui lui avait été dérobé par l’autre. Les conséquences n’avaient pas d’importance. Non seulement elle assouvirait sa vengeance, et par la même occasion, elle clamerait son identité féminine. Elle franchissait ses propres limites pour survivre à son propre désespoir. Elle retira la ceinture du pantalon marron. — Tu es folle. Elle s’arrêta brutalement, sondant le regard éberlué de Julien. Mélange de désir et de peur. Il bandait. Il le voulait aussi. Josiane, implacable, descendit la fermeture Éclair, le défiant de l’en empêcher. Pas un mot. Josiane plongea sa main dans son caleçon. Elle le caressa lentement, le fixant toujours dans les yeux. Lui, encore partagé entre la sidération et le désir ...