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Un jeune homme à la capitale (7)
Datte: 08/01/2022, Catégories: Divers, Auteur: JHaParis, Source: Xstory
... esprit un peu romantique. Je restai donc 5 minutes dans la cour à profiter du soleil et à regarder les ouvrières. Beaucoup n’étaient plus de première jeunesse et aucune n’avait la classe et l’allure de tante Brigitte. Quelques ouvrières plus jeunes avaient un peu de charme, mais il n’était pas mis en valeur par leur tenue de travail. Je remarquais que quelques-unes me regardaient plus ou moins discrètement. Un visage nouveau semblait être une attraction en ce début de semaine... Les cinq minutes s’étant enfin écoulées, je suivis les instructions de Melle Christine et la retrouvais deux carrefours plus loin, comme convenu. Sans dire un mot, elle partit d’un pas vif sur le boulevard et je lui emboîtais le pas. Elle s’engouffra dans un petit restaurant où elle devait avoir ses habitudes, car le garçon la salua et la mena dans une deuxième salle plus petite. Une fois que nous fûmes assis, elle examina la salle autour d’elle et sembla se décontracter. — Je vous recommande le plat du jour. Il est bon et raisonnable. Alors, il vous a mis la main aux fesses ? — Pardon ? Elle fronça les sourcils. — Ne faites pas l’innocent. Mr Ruppert, on le connaît. La séance d’essayage c’est sa marotte... Tous les employés jeunes y sont passés... — Il est vrai qu’il a les mains... Comment dire ? Baladeuses... — Bon cela ne semble pas vous avoir traumatisé. — C’est-à-dire que je m’y attendais un peu. Rien qu’à son allure, on voit qu’il est extraverti. — C’est une ...
... folle... Et nous craignons toujours un incident lors des embauches. — Nous ? — La direction. Et le staff du secrétariat. Les affaires ne sont pas florissantes actuellement et un scandale serait très mal venu. Nos concurrents exploiteraient cela auprès de nos clients. Le garçon nous apporta nos plats qui semblaient effectivement appétissants... — Mais alors, comment est-il resté en poste si la direction craint tant un débordement ? — En dehors de son penchant pour les jeunes gens, il fait très bien son travail. Son homosexualité avait même semblé un atout lors de son embauche. Notre personnel est composé à 80 % de femmes. — Alors lorsqu’un jeune homme arrive toute la direction tremble. — N’exagérons rien. Mais elle reste vigilante. — Et elle vous envoie enquêter. Déminer le terrain en quelque sorte... Elle releva la tête et me dévisagea longuement. Elle était plus jeune que son allure stricte ne le laissait penser. Une quarantaine d’années au plus. Elle avait des traits fins, un nez très droit et une bouche qui aurait pu être sensuelle avec un peu de maquillage. — Vous êtes un garçon intelligent, me dit-elle pensivement, oui, je joue les gardes fous. Ou les gardes malades comme vous le préférez. — Vous n’avez pas d’inquiétude à avoir, Mr Ruppert ne m’a pas traumatisé, Mademoiselle. — C’est heureux... — Et puis je devrais lui être reconnaissant. — Reconnaissant ! Et de quoi ? — Il m’a permis que vous m’acceptiez à votre table. C’est pour ...