1. Cohésion d'entreprise (6)


    Datte: 01/01/2022, Catégories: Transexuels Auteur: Mlle_Helened

    Nouvelle année. Nouvelles résolutions que je ne tiendrai pas. Elodie ne me calculait plus. Certes on discutait, mais comme de simples collègues de travail. Comme si on n’avait jamais été amants. Qu’elle ne veuille plus de moi, soit, mais j’aurai aimé le savoir.
    
    J’attendis patiemment de pouvoir m’isoler avec elle et en avoir le cœur net. On se croisa dans les toilettes.
    
    — Il faut qu’on se parle, dis-je. J’ai l’impression que tu m’évites depuis quelque temps. J’ai fait quelque chose de mal ? Tu as rencontré quelqu’un.
    
    Je sentis de la gêne, presque de la panique dans ses yeux.
    
    — Non, ce n’est pas ça. Mais je ne veux pas en parler ici.
    
    — Quand alors ?
    
    — Je t’envoie un mail pour te dire.
    
    C’était incompréhensible. On s’entendait bien pourtant. J’avais fait mon mea culpa. J’avais accepté ses formes et j’aimais bien faire l’amour avec elle.
    
    Puis l’idée qu’elle ait pu rencontrer quelqu’un d’autre s’insinua plus sournoisement dans mon esprit. Certes, j’avais déjà envisagé cette possibilité, mais aujourd’hui, je ne savais pas pourquoi, elle m’était insupportable. J’étais jaloux. Et donc amoureux. Et ça aussi, je ne pouvais pas l’admettre.
    
    Elodie me répondit aussitôt : elle me donnait rendez-vous devant les portiques d’accès aux trains de banlieue, dans le hall de La Défense. La probabilité de rencontrer quelqu’un du bureau était faible.
    
    Elle arriva enfin, légèrement essoufflée. On se mit dans un coin, à l’écart de la foule qui courait vers les quais.
    
    — ...
    ... Désolée, dit-elle.
    
    — Ne le sois pas. C’est juste que je ne comprends pas. Ça marchait plutôt assez bien nous deux, non ?
    
    — Oui c’est vrai. Mais ...
    
    — Tu as rencontré quelqu’un ? Tu peux me le dire, tu sais. Je ne t’en voudrais pas, mentis-je.
    
    — Non, c’est pas ça.
    
    Je poussai un soupir de soulagement intérieur. Mais l’espace d’un instant, je crus qu’il ne fut pas aussi discret que je l’avais imaginé.
    
    — Alors pourquoi on ne continue pas ? J’aime passer du temps avec toi. J’aime te tenir dans mes bras. J’aime ... te faire l’amour.
    
    — Moi aussi, mais ...
    
    — Pourquoi hésiter ? On passe du temps ensemble. On se fait du bien. Après ? On verra le moment venu.
    
    Elle ne répondit pas.
    
    — Tu as honte d’être avec moi ? demandai-je. Moi je m’en fous de ton apparence. Je t’aime comme tu es.
    
    Ce « je t’aime » n’était pas une déclaration, juste une appréciation comme on aurait dit j’aime le chocolat. Elodie l’avait bien compris comme ça.
    
    — Non, je n’ai pas honte. C’est ... c’est juste que j’ai du mal à croire que tu sois aussi intéressé par moi.
    
    — Je le suis et c’est sincère, affirmai-je en lui prenant les mains. Et j’ai très envie de te serrer contre moi.
    
    Ses yeux s’embuèrent. Je l’enlaçai. Elle posa son visage sur mon épaule.
    
    — Tu veux venir chez moi ce soir ?
    
    Elle me regarda. Son rimmel commençait à s’étaler sous ses larmes.
    
    — Oui, je veux.
    
    Je pris sa main et nous franchîmes les portillons.
    
    Le train était déjà bien plein et on se serra dans ...
«123»