1. Ce n'est pas moi (3)


    Datte: 29/12/2021, Catégories: Erotique, Auteur: Yojik, Source: Xstory

    ... encaissements séparés. Mon patron est d’accord pour faire passer en note de frais une robe de soirée, pas un string et des bas. Je paye et Sabine remonte le rideau de fer pour me laisser passer. Mon sac à main en bandoulière, le sac de la boutique dans une main et mon manteau sur le bras, je passe difficilement en-dessous. Mon tailleur s’ouvre de tous les côtés. Je dois exposer mes seins et mon sexe à tous les vents. Mais je m’en fiche...
    
    * * *
    
    Après le moment passé avec Sabine, je suis toute tremblante. Plein de choses se bousculent dans ma tête : la nécessité d’arriver à l’heure, les événements de la journée, mon aspect physique déplorable. Je me vois dans le rétroviseur et je luis de la mouille de la gérante. Je sacrifie mon chemisier pour me refaire une apparence plus humaine. Mes cheveux sont gluants et collants. Ce n’est pas avec un coup de brosse que je vais y faire quelque chose. Je dois trouver un coiffeur en urgence. Les échoppes que je croise sont déjà fermées. Je voudrais prendre le temps de penser à tout ça. Mais je suis trop en stress, trop survoltée, trop bien. Merde, je kiffe. J’ai fait des trucs en une journée que je ne pensais pas faire en toute une vie. Et mince, les nanas aussi ont le droit de s’envoyer en l’air comme bon leur semble.
    
    Je pile et fais crisser les pneus sur le bitume. Merci à la Sainte Vierge pour ce miracle : un coiffeur ouvert. Après, j’espère pour elle qu’elle s’est couverte les yeux dans la journée. Je me gare à moitié sur le ...
    ... trottoir et sors de la voiture comme une flèche. Je fais demi-tour pour prendre mes sacs pour payer et pour me changer. Si je peux me faire coiffer, j’ai bon espoir de négocier l’accès à un vestiaire ou la réserve. Je commence à frapper à la porte. Je me dis que j’aurais dû au moins mettre ma lingerie mais c’est trop tard. L’homme qui balaye lève les yeux et s’avance vers moi.
    
    — C’est fermé, me dit-il.
    
    — S’il vous plaît. Ouvrez-moi. Ouvrez-moi.
    
    Je le vois lâcher son balais et se précipiter pour ouvrir. C’est sûr qu’entre mon apparente panique et mon aspect dépenaillé, je donne l’impression d’avoir été agressée. C’est honteux mais j’en profite pour m’engouffrer dans le salon.
    
    — Merci. Vous me sauvez la vie.
    
    — J’ai bien l’impression... Qu’est-ce qui vous arrive ?
    
    Il referme derrière moi en vérifiant que personne n’est dans la rue. Je me dis que je vais jouer la femme en danger mais je ne suis pas du genre à abuser des gens. Je lui avoue mon problème de rendez-vous professionnel et il éclate de rire.
    
    — Mais je croyais que vous aviez un vrai problème. Ha, ha, ha. Allez, je suis fermé. Et ma coiffeuse est partie.
    
    — Euh, moi ça ne me dérange pas d’être coiffée par un homme. Et puis j’ai juste besoin d’un shampooing et d’un coiffage.
    
    — Non, non. C’est fermé.
    
    — Allez, je suis venue à l’arrache depuis Reims. Je n’ai ni hôtel ni même de bagage.
    
    — D’accord et alors ?
    
    — Allez. Je vous paye le double si vous voulez.
    
    — Ce n’est pas une question d’argent ...
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