1. 0301 Une histoire peut en cacher d’autres.


    Datte: 27/12/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... renvoyait.
    
    Tout ce que je désirais au monde, c’était de me blottir dans ses bras. Tout ce dont j’avais besoin, était d’avoir un pote avec qui me sentir bien. Quelqu’un à qui pouvoir parler, avec qui pouvoir être moi-même, sans avoir peur. J’avais besoin de câlins, de tendresse, de répit. J’avais besoin de me sentir accepté, aimé.
    
    Je me souviens de notre retour du voyage en Espagne, en bus, lorsqu’il s’était assoupi sur mes genoux. Je m’en souviens comme de l’un des moments les plus sensuels avec lui. Je me souviens de mon bonheur, hélas doublé d’effroi, lorsque je m’étais réveillé et que j’avais réalisé que ma main s’était glissée sous son t-shirt et qu’elle était posée à plat sur ses abdos bien chauds. J’étais tellement bien à cet instant, et pourtant, j’avais tellement peur ! C’est tellement injuste de devoir avoir peur d’être si heureux.
    
    Ce qui m’avait le plus marqué dans cet instant, c’était le fait d’avoir croisé brièvement son regard. Et d’avoir compris qu’il s’était rendu compte de la présence de ma main. Et que, dans l’obscurité du bus, ça ne le dérangeait pas, au contraire, il avait l’air de kiffer. Évidemment, lorsque le bus avait ralenti et s’était engagé dans la voie de décélération d’une aire de repos, avant que les lumières ne s’allument, il s’était relevé et avait cassé la magie.
    
    C’est peut-être à ce moment-là que j’avais entrevu pour la première fois ce qui se cachait derrière sa carapace de petit frimeur. A savoir, un petit gars qui avait tout ...
    ... autant besoin de tendresse et d’amour que moi j’en avais besoin, mais qui ne savait pas l’assumer.
    
    Et là, mes sentiments avaient franchi une étape importante. J’étais fou de lui, fou de ce cœur sensible que j’avais entrevu l’espace d’un instant. Je me languissais désormais de mieux le connaître, mais je savais qu’il ne m’en laisserait pas la chance.
    
    Plus tard, après le début de nos révisions, c’était dans sa jalousie, dans ses excès de colère, et parfois dans ses besoins d’affection et de tendresse, comme lorsqu’il m’avait demandé de rester dormir chez lui et de le prendre dans ses bras, que j’avais reconnu sa sensibilité. Une sensibilité qu’il avait peur d’assumer, qu’il refoulait.
    
    Au fil de nos « révisions », j’avais réalisé que je n’étais plus simplement amoureux de ce garçon. J’avais réalisé que je l’aimais, avec sa sensibilité, ses fêlures. Que je l’aimais comme un fou.
    
    Mon erreur, ma naïveté ont été de croire que je pourrais l’aider à être heureux en lui offrant mon amour. Que je pourrais lui offrir tout ce dont il avait besoin. Et que je pourrais le changer.
    
    Je n’aurais pas dû lui mettre la pression pour notre relation comme je l’ai fait.
    
    J’aurais dû l’écouter davantage, être plus attentif à sa souffrance, à ses doutes.
    
    J’aurais dû lui montrer qu’il pouvait se confier à moi, le soutenir davantage, l’encourager.
    
    J’aurais dû lui montrer que j’étais là pour lui.
    
    J’aurais dû comprendre qu’il avait autant peur de me perdre que j’avais peur de le ...
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