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0301 Une histoire peut en cacher d’autres.
Datte: 27/12/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... Ruben, je devrais être le plus heureux des garçons. Je devrais être tout autant amoureux de lui qu’il l’est de moi. Et pourtant, je ne sais pas vraiment pourquoi, ce n’est pas le cas. Il y a un an, peu avant minuit, Jérém m’avait dit « je t’aime » pour la toute première fois. Soudain, un Univers nouveau s’était ouvert devant moi. Au fond, j’avais toujours su que ça viendrait un jour. Et ça ne pouvait venir qu’à Campan, ce Campan « qui n’était qu’à nous », Campan magique, Campan notre refuge. Je me souviens de notre complicité parfaite, de l’embrasement de nos sens, de mon bonheur après son – je t’aime », ces trois petits mots qui m’avaient donné des ailes. Et pourtant, j’avais vraiment eu du mal à réaliser ce qui venait de m’arriver. Ce dont j’étais certain, c’est que je n’avais jamais été aussi heureux de ma vie. Pendant que nous faisions l’amour, dans les toutes premières minutes de l’année 2002, je n’arrêtais pas de me dire que la nouvelle année s’annonçait si douce, si belle ! Bordeaux, mercredi 1er janvier 2003, 4h54 Ruben dort paisiblement à côté de moi. Nos invités viennent de partir et mon petit cuistot est tombé comme une masse. J’écoute sa respiration apaisée et apaisante, je sens la chaleur de son corps irradier sous les draps. Et mon esprit vagabonde au loin. Oui, il y a un an, l’année 2002 s’ouvrait sous les meilleurs augures. En 2002, il y a eu de la joie, du bonheur, mais aussi beaucoup de tristesse et de déception. Et tout ...
... cela mélangé pêle-mêle. Des montagnes russes émotionnelles, terminées avec un déraillement inattendu et très douloureux pour moi. Non, l’année 2002 n’a pas tenu ses promesses. Et Jérém non plus. Peut-être que ça vient de moi, que c’est de ma faute, que je n’ai pas su le mettre en confiance, le rassurer, que je n’ai pas su lui apporter ce dont il avait besoin. Malgré tout, il me manque tellement. Il ne s’est pas passé un jour sans que la nostalgie et la tristesse ne me prennent aux tripes. Mais jamais comme cette nuit, pendant cet « anniversaire » si spécial. Parce que je l’aimais ce beau brun, putain qu’est-ce que je l’aimais ! J’ai été amoureux de Jérém depuis le premier jour du lycée. Au début, je parle des tout premiers instants où je l’ai capté dans la cour du lycée, j’ai été aimanté par sa beauté masculine redoutable. Il n’avait même pas 16 ans, et il était déjà tellement sexy ! Très vite, mon cœur battait la chamade dès que je pensais à lui. J’avais des papillons dans le ventre dès que je m’apprêtais à le retrouver, ou dès qu’il s’approchait de moi. Il occupait toutes mes pensées, matin, midi, soir, et même la nuit. J’aurais voulu tout savoir de lui. Au départ, il n’y avait même rien de sexuel dans mes sentiments. J’imagine que j’étais trop jeune, trop innocent ou naïf ou abruti pour penser au sexe. J’étais amoureux de son sourire, de sa voix, de sa façon d’être, de son assurance, de l’image de petit gars bien dans ses baskets et plutôt marrant qu’il ...