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Quand c'est l'heure, c'est l'heure
Datte: 19/12/2021, Catégories: nopéné, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... partager. Mais il a pas voulu d’ma frite. Alors j’l’ai mangée. Pas grignotée comme les autres. J’l’ai sucée. J’ai cru qu’il allait tomber dans les vaps. Il fixait ma bouche. Le coin. J’sais pas manger propre. J’m’en fous toujours partout. J’avais bien une serviette en papier mais j’aime pas. Ça gratte et ça absorbe rien ces trucs. La tronche qu’il a faite quand j’ai passé la langue sur mes lèvres ! Ses yeux ils ont fait comme dans les dessins animés. Quand ils sortent de leurs orbites. Alors j’ai recommencé. Plein de fois. Pour être sûre. Pis j’lui ai souri. Ça été pire. J’aime moyen mes dents. Pas qu’elles soient moins belles que d’autres. Elles sont blanches. J’me brosse avec un dentifrice spécial blanc. Pour enlever toutes les saloperies qu’y a dans les clopes. Et le coca. Alors ça aussi. Mais j’ai les dents du bonheur. J’ai longtemps été complexée. J’mettais la main devant la bouche quand j’rigolais. Pis avec le temps j’ai fait avec. C’est bien le temps. Ça efface un peu ses complexes. Maintenant j’ai presque plus besoin d’les cacher. J’souris pas beaucoup. La vie c’est pas toujours drôle. Mais avec lui j’étais bien. Heureuse. Alors pas besoin de les cacher mes dents du bonheur. Il était comme en extase. Ça fait bizarre quand quelqu’un est en admiration d’un truc qui vous a gâché la vie pendant des années. J’crois qu’il les aime mes dents du bonheur. Du coup j’crois qu’moi aussi j’les aime maintenant. Depuis lui. Grâce à lui. Le sentir m’épier comme ça ...
... m’a coupé la faim. J’avais une boule au ventre. Comme quand l’estomac est plein. Mais pas pareil. J’ai mangé que le steak. J’aime pas gâcher. Mais trop grosse boule au ventre. Alors j’ai coupé le pain en petits bouts. Pour les oiseaux qu’j’ai dit. Pour pas qu’il croie que j’ai les yeux plus gros que l‘ventre. Pour justifier que je gâchais pas quoi. Après manger je fume. Toujours. Une habitude plus qu’un besoin. On avait pas parlé. Fallait pas qu’il retourne dans son monde à lui. Sans moi. Fallait que j’le ramène à la réalité. Avec moi. Vite. C’est pas l’genre de type à profiter d’la situation. Lui il attend plus qu’agir. J’allais pas le laisser comme ça. Pas si près du but. Alors j’ai fait un truc incroyable. Pas que j’en crevais pas d’envie. J’pensais qu’à ça depuis des mois. Qu’à ça en m’caressant quasi tous les soirs. Suis pas une grande adepte d’la branlette. J’dis pas qu’j’aime pas ça. Mais depuis lui c’est d’venu une drogue. Ma drogue. Il a rien dit. Normal. Il a fermé les yeux. S’est laissé faire. J’en menais pas large. Mais j’en crevais d’envie. C’était pas un manque. Enfin si un peu. Mais une envie. Un besoin. J’savais qu’il était dur. Pour moi. Alors j’ai forcé un peu la chose. Fallait faire vite. Le jour s’levait. La ville aussi. Vite mais pas trop. Pas bâcler. J’aime pas l’travail à moitié fait. Suis pas une perfectionniste mais j’aime faire bien les choses. Et quand j’commence un truc, j’arrête jamais en chemin. Dans l’taf j’suis comme ça. ...